L’avis de... Jean Sayegh, responsable de la gestion obligataire chez Lyxor AM

« Les volumes restent le meilleur critère d’analyse de la liquidité obligataire »

le 30/03/2017 L'AGEFI Hebdo

  Comment se porte la liquidité obligataire ?

Il y a deux visions possibles : celle des banques, qui ont vu leur capacité de tenue de marché diminuée par les réglementations post-crise, ou celle des volumes effectivement échangés qui augmentent. Notre outil lancé en 2016 avec Euroclear confirme que, depuis mi-2015, la liquidité a plutôt progressé sur les obligations en euros : en France malgré quelques « trous d’air », mais aussi plutôt en Belgique, en Autriche, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie. S’il n’y a pas de détérioration générale, la liquidité est beaucoup plus volatile que par le passé pour diverses raisons : augmentation des émissions, rachats des banques centrales, réduction des bilans et spécialisation des banques, etc. Elle est différemment répartie, très variable. Par exemple, la liquidité faible d’une ancienne OAT à coupon élevé a pu redevenir importante ces dernières semaines. On sous-estime la sensibilité de la liquidité à l’évolution des rendements.

Quels critères de liquidité regarder ?

Le volume de transactions reste le critère le plus objectif, à la différence des spreads bid-ask, qui sont affectés par des facteurs exogènes comme le niveau des taux, la volatilité, la réglementation... La fréquence et la taille des transactions complètent l’analyse à condition que ces données proviennent de sources exhaustives afin d’éviter tout biais.

Comment utiliser l’outil conçu avec Euroclear ?

La solution e-Data Liquidity nous permet d’analyser les données de ce dépositaire central sur la moitié des transactions européennes : volumes, taille moyenne et nombre moyen d’opérations, niveaux de concentration, de confiance, etc. Avec pour objectifs de rassurer nos clients sur la liquidité des portefeuilles, de mieux gérer spécifiquement les risques de liquidité (à côté des risques de crédit ou de taux), de déterminer de nouvelles sources de rendement (par arbitrage entre titres similaires avec des primes de liquidité différentes), voire d’innover au travers de portefeuilles qui, grâce à une bonne liquidité avérée, peuvent être utilisés en garantie d’autres opérations : repo, collateral, etc.

Propos recueillis par Fabrice Anselmi

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