UFG-LFP privilégie les outils de La Française des Placements

le 23/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Un peu plus d’un an après la fusion entre les deux sociétés de gestion, la migration s’achève. Un délai très court pour ce projet, mené en trois étapes.

Issue de la fusion, juridiquement opérationnelle au 1

erjanvier 2010, entre la société de gestion indépendante La Française des Placements (LFP) et UFG, la filiale de gestion d’actifs du Crédit Mutuel Nord Europe, la nouvelle entité UFG-LFP achève à marche forcée la mise en place de son nouveau système d’information commun. Car maintenir deux systèmes d’information différents peut coûter du temps et de l’argent, créer un risque opérationnel accru du fait de sources de données hétérogènes et de processus différents, et nécessiter un double contrôle de conformité… « Tant que deux systèmes d’information différents existent, ce sont deux mondes qui cohabitent, même si on a procédé au rapprochement des équipes », souligne Franck Meyer, directeur informatique, des opérations et des moyens généraux d’UFG-LFP.

Dès la décision prise de fusionner les deux entités, la réflexion a donc porté sur le système d’information à mettre en place. D’un côté, celui d’UFG reposait sur plusieurs progiciels. De l’autre, celui de LFP avait été entièrement développé en interne, brique par brique. « Il couvre tous les aspects métiers de la gestion d’actifs : contrôle des risques, contrôle de gestion, contrôles réglementaires, middle-office, front-office, pour tous les types de gestion pour compte de tiers - gestion institutionnelle, gestion privée, CGPI (conseillers en gestion de patrimoine indépendants, NDLR), détaille l’ancien directeur général délégué à l’informatique et aux opérations de La Française des Placements. La seule chose que nous n’avions pas développée était la comptabilité de fonds. » Et c’est le développement interne qui a été privilégié. Des études ont été menées pour analyser en profondeur les deux systèmes existants. Et en septembre 2009, il a été décidé de conserver le système d’information de l’ex-LFP et de basculer l’informatique de l’ex-UFG dessus. « Nous avons privilégié le développement interne, explique Franck Meyer, car le système d’information de LFP est complètement intégré et cela évite la duplication de nombreuses bases de données. En outre, les informaticiens de LFP possèdent une double compétence, métiers et informatique. » Autre élément d’importance, la conception du système d’information de l’ex-LFP intégrait, dès l’origine, le CRM (customer relationship management - gestion de la relation client) comme élément pivot : « Dès 2000-2001, nous avons placé au centre de nos préoccupations la connaissance de nos clients et le service que nous pouvions leur apporter, souligne-t-il. C’est un point que l’on doit garder en permanence à l’esprit tant la collecte d’encours est difficile. » Une caractéristique qui a dû peser dans la décision, l’amélioration de la qualité des services à la clientèle étant une des priorités stratégiques du nouvel ensemble issu de la fusion.

Priorité à l’infrastructure

Pour gagner du temps, Franck Meyer a décidé de se passer de ressources externes pour réaliser la bascule de l’informatique de l’ex-UFG sur le nouveau système d’information cible : « Avoir recours à des consultants tiers revient à travailler avec des gens qui ne sont pas compétents immédiatement sur votre environnement. Il y a une perte de temps à les former. » Le projet a donc été découpé en trois phases. La priorité a été donnée à l’infrastructure. « Nous avions deux infrastructures qui, a priori, n’avaient pas été conçues pour vivre ensemble. Et cela entraîne des conséquences sur les PSI (plan de sécurité informatique, NDLR) et PCA (plan de continuité d’activité), rapporte Franck Meyer. C’est l’un des premiers sujets sur lesquels nous avons travaillé. Nous avons également mis la priorité sur les fonctions de communication, pour que chacun puisse se voir comme faisant partie de la même entité. » Messagerie électronique, carnets d’adresses, agendas partagés, téléphonie, autant d’éléments de l’infrastructure informatique qu’il s’agit d’aligner, l’objectif étant de disposer d’un PCA et d’une architecture stable et établie pour début 2011.

Dans un second temps, toutes les équipes commerciales d’UFG ont été basculées sur le système de CRM de l’ex-LFP. « Nous avons procédé au dédoublonnage des informations et à la reprise des contrats dans le cadre de la centralisation des souscriptions rachat », précise le directeur informatique d’UFG-LFP. La mise en place du CRM pour l’ensemble des collaborateurs de la nouvelle entité est effective depuis avril 2010. Enfin, troisième phase, la gestion d’actifs, et notamment la reprise de l’historique de gestion de l’ex-UFG. Elle est pratiquement terminée pour la gestion d’actifs classique. Concernant la gestion alternative, le processus de reprise sera finalisé à la fin du mois d’octobre. Le système d’information de l’ex-LFP comprend des outils pour analyser les mécaniques de rapprochement. « Pour la reprise des données concernant les fonds de l’ex-UFG, nous avons dû développer un outil spécifique de rapprochement quotidien, poursuit Franck Meyer. Dès que nous percevions un écart, nous l’analysions. Cela a demandé une implication très forte de notre dépositaire BP2S et des comptables qui ont dû s’adapter. » Concernant les outils de front-office et de middle-office, 80 % des fonds ont été repris, avec six mois d’avance. « Nous avons accéléré les choses, car il y a un risque opérationnel élevé à conserver deux systèmes distincts », ajoute-t-il.

Une opportunité d’amélioration

Même si la rapidité a été privilégiée, le basculement d’UFG vers le système d’information de LFP a été l’occasion de procéder à quelques améliorations, d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, « de faire ressortir du carton des développements souvent remis à plus tard et de reprendre le meilleur du monde UFG », analyse le directeur informatique du nouveau groupe. Ainsi, dans un souci d’homogénéisation des traitements, l’attribution de performances plus poussée d’UFG a été retenue, ce qui a occasionné un développement. De même, dans le domaine de la gestion alternative, de nouvelles procédures de vérification des valeurs liquidatives ont été implémentées. Reste à s’assurer d’une utilisation optimale de ce nouveau systèmes d’information pour les collaborateurs issus d’UFG. « En termes de conduite du changement, les gens ont très bien accepté ce nouvel outil. Au début du projet, ce sont les utilisateurs du front-office qui ont été les plus demandeurs », remarque Franck Meyer. Il n’empêche, annonce-t-il, « le système d’information de l’ex-LFP est un peu comme le SAP (éditeur leader pour les progiciels de gestion intégrée dans le domaine de l’industrie, NDLR), sa couverture fonctionnelle est très étendue. Vers la fin de l’année, des cycles de formation seront mis en place pour une bonne appréhension de ce système d’information ».

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