UFG-LFP accélère ses investissements dans des boutiques de gestion

le 23/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Déjà actionnaire minoritaire de treize sociétés, la filiale du Crédit Mutuel Nord Europe veut entrer au capital de deux nouvelles structures.

Dans la corbeille de La Française des Placements (LFP), UFG a trouvé l’été dernier une dizaine de participations dans des sociétés de gestion. Elles auraient pu faire les frais d’un mariage visant à muscler le pôle de valeurs mobilières d’UFG, connu pour son expertise dans la pierre-papier. Le nouveau groupe UFG-LFP a au contraire décidé de profiter de l’expérience de LFP dans l’accompagnement de gérants innovants.

« Alors qu’UFG et LFP avaient adopté une approche au cas pas cas, sans avoir de personnel dédié, nous avons souhaité déployer davantage de moyens », explique Patrick Rivière, directeur général du groupe. Jérôme Coirier, ancien secrétaire général de LFP, a pris la tête d’une nouvelle direction de l’organisation et des partenariats. Il s’est entouré de deux collaborateurs de LFP et de trois d’UFG. « Nous consacrons la moitié de notre temps aux dossiers de prises de participation, indique le directeur des partenariats, qui supervise aussi les opérations plus stratégiques du groupe telles que sa récente coentreprise de capital-investissement avec Groupe Siparex. Nous avons pu calibrer notre démarche au fil du temps. Chez LFP, nous investissions dans des expertises dont nous ne disposions pas. Compte tenu de l’étendue de l’univers d’investissement d’UFG-LFP, nous pouvons désormais nous intéresser à des gérants travaillant sur des sujets proches des nôtres, mais avec une approche qui leur est propre. »

Trois opérations depuis mars

« Nous avons reçu une cinquantaine de dossiers depuis un an, raconte Patrick Rivière. La moitié a été étudiée sérieusement et cinq ont été retenus. Nous ne nous sommes pas fixé d’objectifs, mais compte tenu du temps nécessaire pour mener à bien un dossier - entre six et douze mois -, nous tablons au maximum sur cinq prises de participations par an. » Si ses discussions autour d’un hedge fund français viennent d’achopper, UFG-LFP finalise ses négociations pour une société de gestion traditionnelle et une plate-forme. Celle-ci sélectionnera des gérants pour une Sicav luxembourgeoise destinée aux institutionnels.

30 % maximum du capital

Trois opérations menées entre mars et juillet ont déjà fait passer à treize le nombre de participations du groupe (voir le tableau). Il est d’abord entré au capital de Convergences, une société de services en immobilier commercial. Puis de Legiga, une société de conseil cofondée par le journaliste Jean-Pierre Gaillard pour le compte duquel UFG-LFP gère un fonds grand public. Enfin, le groupe a investi dans JK Capital Management, un spécialiste des actions asiatiques basé à Hong-Kong qui compte sur son partenaire français pour accélérer la distribution de ses produits en Europe.

Chaque cas est unique, mais UFG-LFP n’entend pas détenir plus de 30 % du capital des boutiques qu’il accompagne, pour ne pas consolider ses participations dans ses comptes. Il limite aussi son engagement à quelques centaines de milliers d’euros par dossier. « Nous ne souhaitons pas sponsoriser à outrance ces petites sociétés, mais favoriser les synergies avec le groupe, en mettant à leur disposition notre savoir-faire en back-middle office ou en marketing », affirme Jérôme Coirier.

« Nous collaborons avec elles lors de l’amorçage de leurs fonds, poursuit Patrick Rivière, soit en apportant du ‘seed money’, soit en organisant un tour de table réunissant des investisseurs institutionnels. Nous les aidons aussi à commercialiser leur gamme. » Si LFP a vendu des produits de Convictions AM et Pythagore Investissement sous son nom, cela reste exceptionnel. Le groupe envisage seulement le comarquage avec JK Capital Management.

A terme, « nous avons vocation à sortir du capital des sociétés une fois qu’elles peuvent se développer sans notre aide », explique le directeur général d’UFG-LFP. Des discussions sont en cours pour diminuer certaines participations d’ici à la fin de l’année. La Financière Responsable reste néanmoins le seul cas de cession. « Nous étions devenus majoritaires et ne souhaitions pas disposer d’une deuxième expertise dans l’investissement socialement responsable, où nous avons déjà une coentreprise avec Banque Sarasin », justifie Patrick Rivière. A l’automne dernier, la boutique de Stéphane Prévost s’est trouvée un nouveau parrain : Olivier Johanet, ancien directeur général de LFP Investissements.

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