Rencontre avec... James Broderick, directeur général Europe de JPMorgan Asset Management

« Tous les produits de détail doivent être placés sous le même régime »

le 24/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Pensez-vous que l’on soit arrivé à créer un marché unique en Europe s’agissant de la distribution des produits d’épargne ?

La directive Marchés d’instruments financiers (MIF) a jeté les bases des standards à respecter en termes de transparence et de caractère adéquat (suitability) des produits sur le marché de détail. Mais il reste deux choses essentielles à faire, à commencer par l’harmonisation fiscale. Pas l’harmonisation des taux eux-mêmes, mais du reporting, de concepts comme la distribution ou les dividendes, et enfin du traitement fiscal des fusions de fonds qui fait actuellement obstacle aux économies d’échelle. Par ailleurs, beaucoup des excellents progrès faits avec les directives OPCVM et MIF en termes de pratiques de vente et de transparence ne s’appliquent pas aux produits structurés et à ceux liés à de l’assurance. Or, tant que tous les produits de détail ne seront pas placés sous le même régime, on ne pourra pas crier victoire au sujet du marché unique. C’est pourquoi l’initiative de la Commission pour les produits d’investissement de détail (PRIPs) est si importante.

Etes-vous favorable à cet objectif que s’est fixé la Commission d’arriver à une comparabilité de tous produits grâce au KID (« key informations document ») qui serait obligatoire pour toutes les gammes des produits de détail ?

C’est une bonne idée d’avoir un document concis compréhensible par les consommateurs. Un document qu’ils liront réellement, ce qui n’est pas le cas actuellement. Cela n’a rien de très compliqué d’en esquisser les éléments de base : une description basique du produit, des risques, du caractère adéquat de l’investissement (pour l’épargnant), des coûts et des performances. En fait, le vrai problème est de faire tenir cela en deux pages ! Cela dit, quels ques soient les efforts que l’on doive faire pour s’assurer que les consommateurs sont bien protégés, c’est un prix modique à payer pour faire en sorte qu’ils tiennent notre industrie en haute estime.

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