Dossier Performance absolue

Le risque est plus que jamais au centre des processus de gestion

le 22/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Volatilité, « Value-at-Risk », « stop loss »..., les gérants mettent en avant leurs outils de contrôle.

Si la volatilité et la Value- at-Risk (VaR) ont toujours été scrutées de près par les gérants de fonds de performance absolue, la crise a sans aucun doute renforcé leur intérêt pour ces outils de mesure du risque. Surtout, les scénarios extrêmes, comme celui de 2008, sont désormais mieux pris en compte, tant lors de la conception d’un produit que lors de sa gestion. Le but est de ne plus décevoir le client avec des performances largement inférieures aux objectifs affichés.

Ainsi, le suédois SEB Asset Management insiste particulièrement auprès de ses clients sur les risques de son fonds Seb Asset Selection : volatilité, probabilité de perte en cas de scénario extrême, etc. « Nous souhaitons donner au client une image fidèle du produit pour qu’il comprenne bien le risque auquel il s’expose, explique Hans-Olov Borneman, responsable de l’équipe de gestion quantitative et gérant de Seb Asset Selection. C’est indispensable pour construire une relation de long terme avec le client. S’il comprend bien le risque, il n’y a pas de raison qu’il vende au pire moment. »

Des clients plus attentifs

Ce fonds a pour objectif de battre le taux sans risque de 5 % avec une volatilité de 10 %. La volatilité n’est pas un niveau maximal, mais une moyenne, effectivement réalisée par le fonds. Autrement dit, l’investisseur connaît le niveau réel de volatilité du fonds, ce qui permet de l’intégrer en tant que tel à sa propre allocation d’actifs. Ce pilotage permanent de la volatilité détermine l’allocation d’actifs entre actions, taux, devises et matières premières. A l’inverse, bon nombre de fonds de performance absolue affichent un niveau de volatilité maximal, dont le portefeuille est parfois très éloigné.

Mais la volatilité n’est pas l’unique outil de mesure du risque à la disposition des sociétés de gestion. De nombreuses maisons lui préfèrent la VaR, les deux données étant d’ailleurs liées du point de vue mathématique. « La VaR donne un autre éclairage que la volatilité sur le risque réel du produit car elle intègre le risque de perte maximal dans un scénario extrême, alors que la volatilité est une mesure de risque moyen. La crise nous a confortés dans notre gestion du risque, mais a modifié les attentes des clients : ils sont aujourd’hui plus attentifs au risque, notamment à la perte maximale, et pas seulement à l’objectif de performance », analyse Emmanuel Bourdeix, directeur adjoint des gestions actions et diversifiées d’Amundi. Cette maison propose depuis 1999 une gamme de fonds à performance absolue soumis à des contraintes de VaR, combinant différents types de moteurs, et dont l’encours s’établit aujourd’hui à 13,3 milliards d’euros. Là encore, c’est bien la contrainte de VaR ex ante qui détermine l’allocation d’actifs de chaque fonds. Elle est ensuite contrôlée ex post pour vérifier qu’il n’y a pas de dérive. « La crise est entrée dans nos historiques de données pour le calcul de la VaR ex ante, ajoute Emmanuel Bourdeix. Autrement dit, nos modèles tiennent désormais compte des événements extrêmes comme ceux de 2008, tant en termes de risque de perte que de corrélation entre classes d’actifs. » La crise a par ailleurs mis l’accent, au sein de tous les produits mais plus particulièrement dans ceux de performance absolue, sur la liquidité (lire aussi page 30). En effet, piloter le risque grâce à la volatilité ou à la VaR n’a de sens que si le gérant peut réagir en arbitrant rapidement son portefeuille en cas de risque est trop élevé. Les gérants se focalisent donc aujourd’hui sur les produits très liquides comme les futures, leur permettant d’ajuster en temps réel leurs portefeuilles au niveau de risque visé.

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