L'avis de... Benoit Colin, responsable service clients Linedata Asset Management

« Un projet très structurant, marquant la préparation à Solvabilité II »

le 13/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel est le budget du projet d’équipement de la Caisse centrale de réassurance (CCR) pour ses nouveaux outils de gestion du carnet d’ordres et de « compliance » ?

Je pense que le montant global de ce projet s’établit entre 300 et 400.000 euros. Cette somme inclut l’ensemble des licences, les prestations d’intégration, ainsi que les environnements de production. Il n’y a pas eu de dépenses d’infrastructures puisque tout est en ASP (application service provider - prestation d’hébergement des applications accessibles en ligne, NDLR). Les équipes de Linedata ont assuré la maîtrise d’ouvrage et l’intégration de A à Z. C’est un budget qui n’est pas très important mais le projet en soi est très structurant, marquant la préparation à Solvabilité II.

En quoi ce projet est-il structurant ?

L’outil a créé le besoin. Une fois la décision de remplacer leur outil de gestion du carnet d’ordres développée en interne par un progiciel, les équipes de la CCR en ont profité, dans un second temps, pour mettre en place le suivi des règles d’investissement en pre et post-trade sur les ordres négociés. Et comme il manquait une brique dans l’interface entre Linedata Compliance et l’entrepôt de données nécessaire au reporting (voir le schéma), nous avons mis à disposition de CCR notre outil Linedata Longview pour saisir les ordres. Basé sur la même technologie que Chorus et Linedata Compliance, de nombreux développements ont été évités.

Quel est le degré d’équipement des acteurs de la gestion d’actifs en termes d’outils intégrés de suivi des ordres ?

Tous les grands acteurs sont déjà équipés. Sur les acteurs de taille moyenne, c’est un mouvement qui se généralise. Auparavant, différents outils existaient, mais sans réelle intégration. Avec le déclenchement de la crise financière et le durcissement réglementaire, et notamment Solvabilité II dans le monde l’assurance, le STP est une solution recherchée pour être en mesure d’apporter une traçabilité totale d’un ordre depuis son passage sur les marchés jusqu’à sa prise en compte en comptabilité. En outre, sur des marchés très volatils, effectuer des contrôles de limites, par exemple à J+1 ou J+2, peut coûter très cher. Dans le cas précis des assureurs, ils ne sont pas aussi avancés que les autres acteurs de l’asset management, car la pression réglementaire était moindre jusqu’à présent. Ce n’est pas un marché de renouvellement mais bien d’équipement.

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