Le plan 2014 de Robeco met la gestion privée sur la sellette

le 15/07/2010 L'AGEFI Hebdo

Le groupe de gestion d’actifs néerlandais veut porter de 50 % à 60 % la part des clients institutionnels. Sa banque privée française cherche des partenairesi

Banque Robeco se cherche un avenir. La filiale française du gestionnaire d’actifs néerlandais Robeco va être « évaluée », dévoile le plan stratégique 2010-2014 du groupe. Passé inaperçu, alors qu’il date d’avril, ce plan ne donne pas plus de précisions sur l’avenir de cette petite banque privée. « Avec 1,5 milliard d’euros d’encours gérés ou conseillés, notre activité de banque privée a atteint une taille correcte mais modeste par rapport aux leaders du marché, décrypte Ali Ould Rouis, directeur général de Banque Robeco et président de Robeco Gestions, la filiale de gestion d’actifs du groupe à Paris (lire l’encadré). C’est pourquoi nous allons étudier différentes pistes de développement, telles qu’un partenariat avec un assureur ou une banque auprès de qui nous pourrions déployer notre gestion conseillée. Ce concept original, à mi-chemin entre la gestion libre et la gestion sous mandat, avait été lancé au printemps 2008, juste avant la crise financière. »

Le patron de Robeco en France espère d’ores et déjà améliorer la situation financière de la banque. Celle-ci a réduit ses pertes de 58 % l’an dernier, grâce notamment à des mesures d’économies (l’effectif moyen est passé de 94 à 84 personnes), mais elles atteignaient encore 397.000 euros fin 2009, selon les comptes dont L’Agefi s’est procuré une copie. Le produit net bancaire a quant à lui reculé de 10 % à 18 millions d’euros : si les commissions des clients se sont maintenues à leur niveau de 2008, les revenus d’intérêts ont été divisés par deux. « Les encours de la clientèle privée sont restés stables en 2009 et au cours du semestre écoulé, du fait d’un effet de marché globalement positif », ajoute Ali Ould Rouis.

Si les fonctions supports de la banque et de la gestion sont déjà mutualisées, il n’est visiblement pas prévu de fusionner les entités françaises, contrairement au projet du groupe pour sa filiale en ligne néerlandaise, Robeco Direct. Cette entité, dont dépend d’ailleurs le français Banque Robeco, sera remontée au sein de sa maison mère.

La clientèle des particuliers n’est en tout cas pas l’axe de croissance privilégié par le groupe détenu à 100 % par Rabobank. En 2014, les institutionnels devront représenter 60 % des encours contre 40 % actuellement. Ce tournant n’est pas surprenant sachant qu’avant de prendre la direction générale de Robeco, en septembre dernier, Roderick Munsters dirigeait les investissements d’un fonds de pension néerlandais. Le groupe de gestion veut aussi tourner la page 2009, année au cours de laquelle il a enregistré une collecte record de 7,5 milliards d’euros, mais aussi sa première perte, de 11 millions d’euros.

6 à 7 milliards de collecte par an

Son plan mise sur une collecte annuelle de 6 à 7 milliards d’euros. « Nous ne voulons pas participer à une course aux actifs mais afficher des ambitions raisonnables, précise Ali Ould Rouis. Nous sommes convaincus qu’un acteur de taille moyenne, concentré sur ce qu’il sait faire de mieux, répondra parfaitement aux attentes des investisseurs. » Pour cela, le groupe créera ou renforcera son expertise dans l’investissement responsable (notamment via sa filiale suisse SAM), les produits liés à l’inflation, les solutions retraite, la gestion quantitative et les fonds liés à l’« agrobusiness » pour lesquels il compte profiter de l’expertise de Rabobank, acteur majeur de cette filière. « En dehors de ces cinq thèmes et de nos expertises à succès, par exemple dans les marchés émergents ou les grandes actions américaines, nous allons optimiser notre gamme de fonds », explique le représentant de Robeco en France. Au cours du précédent plan d’économies initié en 2008, une partie des fonds avait déjà été fusionnée ou liquidée. Pour améliorer encore sa rentabilité, le groupe va réduire ses frais généraux de 75 millions d’euros d’ici à 2014, en concentrant ses efforts sur les back-offices et dépenses informatiques.

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