OPCVM Carmignac Gestion rafle la mise en 2009

le 04/02/2010 L'AGEFI Hebdo

La fonte des OPCVM monétaires

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Sans pour autant imaginer la crise financière loin derrière nous, les investisseurs ont montré, l’an dernier, une appétence pour les actifs plus risqués. Alors que 2008 s’affichait comme l’année des fonds monétaires avec 41,7 milliards d’euros de collecte, selon les données d’EuroPerformance-Six Telekurs sur les OPCVM de droit français, l’année 2009 les relègue en dernière position (hors fonds alternatifs) avec un désinvestissement de près de 5 milliards d’euros. A titre d’exemple, BNP Paribas Investment Partners, porté l’an dernier par une collecte record de 10,06 milliards d’euros sur ses fonds monétaires, sort du Top 5. Tout comme Lyxor, plébiscité pour ses ETF (exchange traded funds), des produits indiciels souscrits en masse par des investisseurs moins confiants en 2008 dans la capacité des gérants actifs à délivrer de la surperformance. Dans l’ensemble, ces arbitrages ont profité aux fonds obligataires et aux produits actions. Les premiers en raison des spreads (écarts de rendement) des papiers émis par les entreprises, particulièrement rémunérateurs, les seconds grâce au rally sur le marché sous-jacent. Mais avec plus de 14 milliards d’euros souscrits, les fonds diversifiés raflent la mise.

Suprématie de Carmignac Gestion

Des chiffres qui ne doivent cependant pas cacher la réalité : Carmignac Gestion, qui passe de la quatrième position à la tête du classement en un an, réalise le gros de la collecte grâce à son fonds diversifié Carmignac Patrimoine, créé il y a plus de vingt ans et qui délivre en moyenne 10 % annualisés depuis son lancement. Un atout séduction pour des investisseurs échaudés par les contre-performances sur quasiment toutes les classes d’actifs. Derrière le gestionnaire indépendant, CM CIC Asset Management se hisse de la cinquième à la deuxième position à la faveur d’une collecte de 8,7 milliards d’euros sur sa gamme de produits monétaires. Par ailleurs, EuroPerformance indique dans son bilan annuel de la gestion collective que le seul réseau à avoir enregistré des flux d’investissement tant sur sa gamme risquée que peu risquée est celui du Crédit Agricole, conférant à sa filiale CAAM (désormais Amundi AM) la troisième place.

En revanche, La Banque Postale AM plébiscitée l’an dernier par des investisseurs à la recherche prioritairement d’une qualité de signature, gage d’une solidité financière selon eux, passe de la troisième marche du podium à la 304e, en décollecte sur l’ensemble de ses gammes à l’exception des produits garantis ou à formule, recherchés par les particuliers. Dans l’ensemble, ce sont d’ailleurs des désinvestissements massifs opérés sur les produits monétaires qui ont pénalisé les établissements situés en bas du classement, incapables de capter leurs flux sortants.

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