L'avis de... Quentin Bérard, responsable produits, offre gestion de portefeuille chez l’éditeur luxembourgeois Odyssey Financial Technologies

« Nous sommes assez surpris du niveau de sous-équipement »

le 03/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel est le degré de maturité des acteurs de la gestion d’actifs en termes d’outils d’attribution de performance ?

L’attribution de performance est devenue une commodité dans le domaine de la gestion institutionnelle. C’est d’abord un outil de contrôle interne, mais aussi de communication à destination des clients investisseurs. Ce n’est pas encore le cas dans le domaine de la gestion privée, même si les choses évoluent. Les bonnes pratiques de la gestion institutionnelle vont se retrouver dans la gestion discrétionnaire.

Et en termes de niveau d’équipement ?

Dans tous les appels d’offres pour des outils de gestion de performance, il y a une partie afférente à un module d’attribution. Mais tout le monde ne l’implémente pas, il faut une décision très forte en interne. Ce sont des projets difficiles à mener : il faut d’abord implémenter un logiciel. Mais il faut surtout parfaitement maîtriser son processus d’investissement pour comprendre les tenants et aboutissants de l’attribution. Il faut enfin intégrer de nombreuses données de marché relatives aux indices de référence. Dans la gestion institutionnelle, le ratio d’installation est assez élevé. En revanche, dans la gestion discrétionnaire privée, je dirais qu’il s’établit aux alentours de 50 %, car la demande est moins forte de la part des clients investisseurs privés. Nous sommes assez surpris du niveau de sous-équipement. Bien sur, des outils ont été mis en place, mais ils ont été développés à partir d’Excel. La question de leur évolutivité se pose.

Quelles sont les demandes récurrentes de la part de vos clients/prospects ?

Il y a deux dimensions. La première consiste à le suivre l’évolution fonctionnelle sous l’impulsion notamment des travaux d’organismes tels que GRAP (Groupement de recherche sur l’attribution de performance). La seconde est de réduire le TCO (total cost of ownership). Pour répondre à cette demande, nous essayons d’offrir des solutions les plus préparamétrées possibles. Nous travaillons également beaucoup sur l’amélioration des mécanismes d’intégration pour faciliter le travail et accroître la qualité des données qui alimentent le système. Nous fournissons enfin des interfaces préétablies avec les fournisseurs de données de marché.

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