NewAlpha AM offre un accès à de jeunes gérants alternatifs

le 24/06/2010 L'AGEFI Hebdo

S’inspirant du système de l’incubation, la filiale d’Ofi propose une sélection de petits « hedge funds » via son quatrième fonds de fonds.

Pour le groupe Ofi, pas de doute, la période est propice à l’incubation de fonds alternatifs. A cela plusieurs raisons : le rebond des performances en 2009, des encours en phase de stabilisation et une remise en question de l’industrie des hedge funds… salutaire.

L’incubation d’une société de gestion consiste à apporter le capital de départ (« seed money ») ainsi que certaines fonctions supports telles que l’infrastructure informatique, le middle-office, le contrôle des risques..., sans que soit intégrée cette activité qui reste la propriété de son fondateur (ici, le gérant alternatif). NewAlpha Asset Management, la structure d’incubation d’Ofi, a opté pour un autre modèle, à la croisée entre l’incubation et la multigestion, en choisissant de confier à une poignée de gérants alternatifs soigneusement sélectionnés entre 30 et 50 millions de dollars qu’ils géreront selon leurs convictions. Puis NewAlpha AM met à la disposition des investisseurs institutionnels l’expertise de ces gestionnaires au sein d’un fonds de fonds. Une spécialité de longue date puisque la structure est en cours de levée de capitaux de son quatrième FCP (fonds commun de placement) contractuel, NewAlpha Genesis 4.

Fonds contractuel

Une initiative qui la distingue de ses concurrentes au rang desquelles Amlab (créée fin 2007 conjointement avec La Banque Postale Asset Management, et dont Ofi a cédé ses parts), ou encore BNP Paribas Investment Partners qui projetait également la mise sur pied d’un fonds dédié aux jeunes pousses de la gestion dans lesquelles elle a déjà investi, mais dont la sortie a été ajournée. « Encore peu d’investisseurs ont l’idée de s’intéresser aux toutes récentes sociétés de gestion alternatives, explique Thierry Callault, directeur général délégué d’Ofi  AM et président de NewAlpha. Par l’intermédiaire de ce fonds de fonds, nous leur offrons l’accès aux gérants en phase de lancement, dont l’actif n’excède pas les 100 millions d’euros. » Et les espérances de gains sont bien réelles pour Antoine Rolland, directeur général de NewAlpha AM, qui estime que « les nouveaux gérants affichent une performance supérieure à celle de leurs aînés. Leurs stratégies sont plus pures et plus simples, ils sont terriblement motivés et surtout, leurs portefeuilles sont plus faciles à gérer dans des cycles de marchés désormais de plus en plus courts ». Un raisonnement corroboré par HFR qui établit qu’en 2008, les « nouveaux » gérants ont délivré une contre-performance de -1,76 % contre -11,97 % du côté des plus « anciens ».

Performances

Outre la performance des sous-jacents sélectionnés, le fonds de fonds de NewAlpha AM est alimenté par une partie des revenus reversée par les hedge funds retenus. C’est ce qu’on appelle le fee sharing, ici fixé entre 20 % à 30 % de leurs frais de gestion et de surperformance, qui « viendront majorer la performance de NewAlpha Genesis 4 », expose Philippe Paquet, directeur du développement de la structure d’incubation. Un partage des performances qui vient en contrepartie de l’apport de capitaux d’amorçage.

Au bout de deux à trois ans, la filiale d’Ofi retirera sa mise, tout en continuant à bénéficier de la croissance du gérant incubé, via un partage des revenus durant huit ans. Les hedge funds retenus peuvent néanmoins décider de mettre fin au partenariat moyennant le versement d’une soulte (qui est fonction du nombre d’années restantes multiplié par les revenus de l’année précédant la décision de retrait), laquelle soulte sera intégralement versée au fonds de fonds. De quoi miser sur des perspectives de gains séduisantes (10 % à 15 % annualisés visés) qui devraient attirer des institutionnels de tout bord attachés par ailleurs à une totale transparence des positions que n’offre pas toujours la multigestion alternative. « Dans ce schéma d’incubation, nous veillons à l’alignement des intérêts entre les gérants et les investisseurs par un accès à toutes les positions prises par les ‘hedge funds’, souligne Thierry Callault, tout en participant à l’accélération de ces sociétés de gestion. » Cet accompagnement n’est pas exclusivement financier, puisque la société d’incubation aidera au positionnement marketing des fonds sous-jacents, à la réalisation de documents commerciaux et des reportings, à l’organisation de roadshows

Ce fonds contractuel devrait clore son tour de table en octobre prochain afin d’initier ses tout premiers investissements. Seuls six à huit gérants alternatifs implantés partout dans le monde devraient être retenus.

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