L'avis de... Elisabeth Grandin, directeur au sein du secteur bancaire chez Standard & Poor’s

Ne pas perdre la qualité de service à la clientèle des réseaux

le 19/11/2009 L'AGEFI Hebdo

SGAM et CAAM ont publié des résultats trimestriels contrastés. A qui profitera leur rapprochement dans Amundi ?

Pour Crédit Agricole, nous avons une vision quasi complète de ce qui est apporté. Les résultats de CAAM sont bons et le coefficient d’exploitation excellent : c’est un des métiers les plus performants du groupe. Chez Société Générale, la gestion d’actifs est juste à l’équilibre sur neuf mois. Il y a trois ans, nous mettions en valeur sa dimension internationale et sa capacité d’innovation. Depuis, ce métier a généré de fortes pertes liées à des produits sophistiqués qui ont souffert de la crise. Le groupe a été obligé de changer de modèle. On peut tout de même estimer que la création d’Amundi est aussi payante pour Société Générale : il détiendra une société de gestion plus performante, même si c’est en minoritaire.

N’y a-t-il aucun risque pour SGAM ?

Ce rapprochement montre que détenir sa gestion d’actifs n’est plus forcément nécessaire à un acteur, même important. Etre propriétaire à 100 % a un sens pour capter la totalité des profits - mais SGAM n’est plus dans ce cas de figure - et pour piloter au mieux son service client. L’enjeu est désormais de ne pas perdre la main en termes de qualité de service à la clientèle des réseaux. C’est pour cela que des structures dédiées à chacun sont nécessaires.

Qu’en est-il du développement de la clientèle institutionnelle et à l’étranger ?

Particuliers et institutionnels sont aussi importants l’un que l’autre pour une société de gestion. L’un apporte les volumes, l’autre pousse à la performance. Quant au développement international, il passe d’abord par la fourniture de produits aux réseaux étrangers des deux groupes. Chacun avait cette démarche. Ensemble, ils vont économiser des coûts

de développement.

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