Grand Prix du Gouvernement d’Entreprise 2010 et Prix « Stratégie et évaluation des risques »

Michelin, un stratège clairvoyant

le 23/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Cette année, le Grand Prix du Gouvernement d’Entreprise est décerné à Michelin qui gagne également le prix Stratégie et évaluation des risques. C’est la preuve, indique Véronique Bruneau Bayard, associée de France-Proxy, qu’une entreprise « peut mettre en œuvre d’excellentes pratiques de gouvernance quels que soient la structure de son actionnariat et son statut juridique ». Son statut de société en commandite par actions, certes méconnu des investisseurs étrangers, n’est pas un frein à son développement. Bien au contraire. En effet, selon Martine Leonard, présidente de la commission développement durable de la Sfaf (Société française des analystes financiers), « les associés de ce groupe mondial spécialisé dans la fabrication et la commercialisation de pneumatiques le vivent comme une obligation supplémentaire d’appliquer les meilleurs principes. Cela se traduit par une contrainte de solidarité entre l’entreprise et les associés commandités. En outre, le capital humain est une réelle valeur de cette entreprise ». Résultat, le groupe, guidé aujourd’hui par le gérant associé commandité, Michel Rollier, a su se relever d’importantes crises avec brio tout en conservant sa culture familiale. « Ils ont surmonté les difficultés de façon brillante sans les cacher », ajoute Martine Leonard. L’un des leviers de son redressement a aussi été, d’après Viviane Neiter, consultante en relations actionnariales et administrateur des sociétés cotées, « le développement d’une politique d’évaluation des risques adaptée et bien intégrée à la stratégie ». Tous les critères de cette démarche sont remplis, avec en particulier l’existence d’une fonction spécifique de risk management (gestion des risques). Véronique Bruneau Bayard remarque aussi que « la cartographie d’analyse des risques est mise à la disposition du conseil de surveillance et du comité d’audit avec des indications concernant le processus de mise à jour de celle-ci ». De même, le conseil se tient informé des dispositifs de pilotage des risques, tant du contrôle interne que de l’audit interne. Quant au comité d’audit, celui-ci suit la gestion des risques de très près au fur et à mesure de l’écoulement de l’exercice. Mais le véritable atout de Michelin est sans aucun doute son regard prospectif sur les risques de l’ensemble de ses métiers, de ses parties prenantes et sur sa forte concurrence.

A lire aussi