L'avis de... Emmanuelle Fourier-Martin, consultant senior en charge du mécénat et des fondations d'entreprise de Cicommunication

« Le mécénat stratégique concilie intérêt de l'entreprise et intérêt général »

le 17/12/2009 L'AGEFI Hebdo

Le mécénat d’entreprise évolue vite. On parle aujourd’hui de mécénat stratégique. Qu’en est-il ?

C’est une forme de mécénat qui concilie l’intérêt propre de l’entreprise, y compris l’intérêt de l’actionnaire, avec l’intérêt général, qui est la fonction classique du mécénat. Dit autrement, l’entreprise va s’impliquer dans des projets qui sont aussi au cœur de son métier et créer de la valeur sociétale en même temps que de la valeur économique. Si on retrace l’historique du mécénat, vous découvrez une superposition de strates. Vous commencez par la préhistoire, ce qu’on appelait la danseuse du président. Ensuite sont apparues les opérations de communication pure, comme la Fondation Cartier. Après, on trouve les politiques de communication interne dont le but est de renforcer la cohésion de l’entreprise. Puis on arrive à la notion d’entreprise citoyenne : l’entreprise ne vit pas dans le désert, elle doit s’intégrer dans la société. Et enfin, plus récemment, est apparu le mécénat stratégique. C’est l’idée que la compétitivité des entreprises dépend largement d’un environnement sur lequel elles peuvent agir à travers leur mécénat.

Comment les entreprises en arrivent-elles à ce stade ?

De par l’analyse de cet environnement compétitif, pour déterminer les freins à leur développement que ce soit au niveau de l’offre - main-d’œuvre, infrastructures, ressources naturelles - ou de la demande - marchés, éducation des consommateurs. A noter qu’en évoluant, le mécénat a changé de place dans l’entreprise. On est passé progressivement de la direction de la communication à celle des ressources humaines et maintenant à la direction de la RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise).

Pouvez-vous citer des cas concrets ?

Cisco, par exemple, voyant que certains de ses clients étaient incapables d’utiliser ses réseaux, a décidé en 1997 de créer des Académics. Présentes aujourd’hui dans 160 pays et ouvertes à tous, elles sont devenues une référence en matière de formation professionnelle. Un second exemple, plus récent, est celui de Danone qui vient de créer un fonds de dotation de 100 millions d’euros pour stimuler le développement de son écosystème, les fournisseurs, les clients.

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