L’avis de… Guillaume Fiastre, président de Taliance

« L’OPCI induit une informatisation plus forte, des processus plus encadrés »

le 01/07/2010 L'AGEFI Hebdo

Taliance est éditeur de logiciels immobiliers et financiers. En quoi l’OPCI* implique-t-il une modification de vos services par rapport à ceux mis en place pour les SCPI** ?

Le changement organisationnel est important. Les mécaniques ne sont pas les mêmes : la SCPI n’est tenue qu’à une seule expertise immobilière par an et la valeur de la part est fixée par le marché de l’offre et de la demande. Du côté de l’OPCI, le recours à deux experts pour quatre expertises par an est obligatoire, et le calcul de la valeur liquidative (VL) est trimestriel ou semestriel, voire même bi-hebdomadaire pour les OPCI grand public. Cela suppose qu’une clôture comptable soit réalisée pour chaque calcul de VL. Les process sont donc accélérés. La fréquence de la passation des écritures d’inventaires est renforcée, ce qui induit une informatisation plus forte, des processus plus encadrés au niveau des logiciels afin de garantir la qualité des informations. Une VL fausse engage la responsabilité de la société de gestion…

Peut-on voir émerger un langage de place ?

Du fait de la multiplication des échanges et des acteurs, nous sommes passés à l’ère de la transmission automatique des informations. Auparavant, au niveau des SCPI, l’échange papier était courant. Depuis 2005, nous avons travaillé à la mise en place de Fidji, un format normalisé de fichier immobilier qui offre un dictionnaire de données accessible aux gestionnaires, dépositaires, experts… Les dépositaires, par exemple, sont en train d’enrichir leurs logiciels afin de pouvoir lire les informations transmises par les experts immobiliers.

Sur quels projets travaillez-vous ?

Les SCPI connaissent parfaitement leurs associés (porteurs de parts), du fait du traitement fiscal inhérent à la détention de parts de SCPI. Cela leur permet de se constituer une base de données complète et donc précieuse pour toutes démarches commerciales. Or, dans le cadre d’un OPCI, ces données sont enregistrées chez le dépositaire… il faut donc créer une architecture technique qui leur permettrait d’accéder à ces informations tout en garantissant au dépositaire le secret de ses autres activités. Et puis, si l’offre se résume à des OPCI dédiés qui génèrent peu de mouvements, nous devons anticiper le développement de l’OPCI grand public, et proposer des outils permettant la gestion de volumes bien plus conséquents. C’est l’un de nos grands chantiers.

*Organisme de placement collectif immobilier

**Sociétés civiles de placement immobilier

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