GPGA 2009

Les indépendants ont le vent en poupe

le 19/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Les boutiques françaises montrent leur dynamisme en s'adjugeant six prix sur treize.

L’édition 2009 des Grands Prix de la Gestion d’Actifs (GPGA) de L’Agefi est sans conteste celle des sociétés de gestion indépendantes françaises : Rothschild & Cie Gestion cumule trois premières places (contre une en 2008) et même trois deuxièmes places, alors que la Financière de l’Echiquier, Moneta AM et Rouvier Associés décrochent chacune une place de leader dans une catégorie, monopolisant ainsi six des treize prix décernés. La gestion anglo-saxonne n’est bien entendu pas absente avec, côté pure player, Aberdeen et Fidelity, tandis que les filiales d’asset management des grands groupes bancaires et d’assurances internationaux sont représentées par First State Investments, ING IM, Robeco et WestLB Mellon AM. Les GPGA 2009 confirment d’ailleurs l’internationalisation du marché français de la gestion de fonds puisque, comme l’an dernier, les sociétés de gestion étrangères sont majoritaires parmi les primées, s’accaparant sept de ces treize récompenses. Le contexte a cependant bouleversé la hiérarchie, aucun fonds n’ayant conservé sa première place d’une année sur l’autre.

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La raison d’être des Grands Prix de la Gestion d’Actifs de L’Agefi, qui fêtent cette année leur dixième anniversaire, est de distinguer des fonds capables de surperformer leur véritable univers d’investissement avec la marge la plus importante, en un mot capables de générer de l’alpha (lire les précisions de Noël Amenc, professeur à l’Edhec, page 36). Pour ce faire, l’Edhec et EuroPerformance mettent en œuvre une méthodologie qui consiste à calculer l’alpha des OPCVM dans chaque catégorie, sur une période de trois ans (de fin juin 2006 à fin juin 2009).

Combiner gestion active et passive

Si un gagnant toutes catégories devait être primé, c’est Aberdeen, pour son fonds Aberdeen Global American Equity Fund, dans la catégorie Actions USA, qui le serait. Son résultat, un alpha de 8,90 %, vient d’ailleurs contredire le principe selon lequel il est très difficile pour un gérant de se distinguer sur le marché américain, car du fait des importants volumes qui y sont investis, les inefficiences de valorisation sont plus rares que sur d’autres marchés. Sans surprise cependant, le gagnant dont l’alpha est le plus faible est un fonds obligataire, WestLB Mellon Compass Fund Global Bond Fund A, dans la catégorie Obligations internationales.

Ces prix sont aussi l’occasion de déclarer que la gestion active n’est pas morte ! Malmenés par la crise financière, par la dislocation des marchés, par la chute libre des Bourses, qui a emporté toutes les valeurs sans distinction, les gérants spécialisés ont connu d’importants revers et ont souvent été dans l'incapacité de démontrer leur valeur ajoutée. Dans ce contexte, la gestion indicielle et en particulier les fonds cotés, les ETF (exchange traded funds), ont été privilégiés par de nombreux investisseurs. On a vu par exemple le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) troquer il y a quelques mois des mandats de gestion active en actions européennes contre des mandats de gestion passive. Cependant, ces deux approches peuvent parfaitement cohabiter, comme l’a souvent démontré l’Edhec, aussi bien en « cœur » de portefeuille sur les grandes classes d’actifs que dans la partie « satellites » (sur des segments de marché plus spécifiques côté gestion passive, ou sur des stratégies d’investissement plus offensives côté gestion active). Le but des « satellites » étant de surperformer le « core », avec des alphas et des betas.

Encore faut-il bien maîtriser sa stratégie de gestion active. « La gestion d’actifs est un métier de rigueur et de processus, mais la gestion active nécessite de savoir prendre des risques, et d’avoir même parfois des performances décalées par rapport au marché », décrit Jean-Louis Laurens, associé-gérant et président du directoire de Rothschild & Cie Gestion, le grand gagnant des GPGA 2009. Il juge en conséquence que l’on ne doit pas céder à la pression du court-termisme : « Il faut convaincre les investisseurs de savoir juger des performances sur un horizon d’investissement suffisamment long. » Mais le gérant « n’est pas un individu qui fait des paris dans son coin, ajoute-t-il. Il doit opérer d’une manière sereine, pouvoir utiliser toutes les marges de manœuvre dont il dispose, mais aussi ne pas changer de style et partager collégialement ses décisions ».

 

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