Gourmand

le 03/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Le flight-to-quality et la recherche de titres publics pouvant servir de valeurs refuges sont si puissants qu’il est tentant pour un Etat de chercher à en tirer parti. Ainsi, l’adjudication d’une obligation à 5 ans allemande s’est plutôt mal passée le 26 mai dernier ; elle a en effet été sous-souscrite d’environ 20 % par rapport à une attente de 7 milliards d’euros de la part de l’Etat allemand qui s’est, en l’occurence, montré trop gourmand. Le rendement moyen proposé pour l’occasion de 1,47 % était bien en deçà des 2,2 % proposés un mois plus tôt pour une adjudication semblable, indique le Financial Times, qui n’hésite pas à voir « dans cette opération, considérée comme ratée par beaucoup d’investisseurs », des soucis naissants pour la dette allemande. L’Allemagne pourrait perdre son statut de « safe haven », poursuit le journal, tout en concédant qu’on n’en est pas encore à ce stade. Ce que le marché secondaire accepte et traite, les primary dealers - les institutions financières autorisées et chargées de placer la dette émise par les Etats - peuvent le trouver trop cher sur le marché primaire et rechigner à souscrire, explique pour sa part Patrick Jacq, stratégiste taux d’intérêt de BNP Paribas. Sans oublier que l’agence allemande chargée d’émettre la dette connaît souvent des ratés. Le dernier loupé datait de septembre 2008.

A lire aussi