Les gestions de Neuflize OBC optent pour une rationalisation mesurée

le 03/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Les filiales françaises du néerlandais ABN Amro révisent leurs gammes et mutualisent leurs efforts commerciaux, tout en cultivant leurs différences.

Les deux piliers de gestion d’actifs de la banque Neuflize OBC sont désormais en place. Le transfert des mandats de ses clients privés à Neuflize OBC Investissements (Neuflize OBCI), débuté ce 1

erjuin, marque la fin de la réorganisation initiée en mars. Les quatre sociétés de gestion parisiennes de cette banque, filiale du néerlandais ABN Amro, avaient alors été regroupées au sein de Neuflize OBCI d’une part, et de Neuflize Private Assets (Neuflize PA) d’autre part (voir le graphique).

« Nous souhaitions une organisation plus simple, tout en conservant deux entités distinctes et complémentaires avec un vaisseau amiral et une boutique spécialisée », explique Stéphane Corsaletti, président du directoire de Neuflize OBCI. Cette stucture regroupe toutefois des expertises assez variées : la multigestion d’ABN Amro Advisors (AAA, ex-Asset Allocation Advisors), la gestion actions de l’ex-Neuflize OBC Asset Management (NOAM) et désormais les mandats des clients privés de Neuflize OBC. Ces derniers auraient pu échoir à Neuflize PA, spécialiste de la gestion de portefeuilles de clients fortunés, mais son positionnement est plus haut de gamme. « Nous gérons un nombre limité de grands mandats construits sur mesure pour des familles d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie », indique François Mouté, président du directoire de Neuflize PA, qui revendique une gestion de conviction, non corrélée aux indices. Sa société a bénéficié de l’apport des 600 millions d’euros gérés par Fontenay Gestion pour des particuliers français.

Si Neuflize PA et Neuflize OBCI conservent chacun leur équipe commerciale, ils souhaitent mutualiser leurs efforts auprès des clients institutionnels, comme ils le font déjà sur certaines fonctions supports. « Nous recrutons deux coordinateurs pour harmoniser notre distribution », dévoile François Mouté. Edouard Legrez, ex-Schroders, vient de se voir confier la clientèle institutionnelle, tandis qu’un responsable des distributeurs extérieurs sera recruté prochainement.

Renfort via Fortis en multigestion

Autre chantier en cours : la rationalisation des gammes. Chez Neuflize OBCI, le nombre de fonds sera limité à 32 contre 44 auparavant. Des transformations et fusions de produits naîtront en septembre trois fonds profilés et un fonds patrimonial flexible. « Nous allons combiner des titres vifs sélectionnés par nos gérants classiques (ex-NOAM) et des fonds sélectionnés par l’équipe d’AAA », avance Stéphane Corsatelli. Pour Neuflize PA, qui commercialise seulement quatre fonds ouverts, l’heure est plutôt à l’extension de l’offre : un fonds Europe sera lancé en septembre et un produit Asie l’an prochain.

Du côté des équipes de gestion en revanche, la stabilité prime désormais chez Neuflize PA (36 salariés), tandis que Neuflize OBCI va atteindre un effectif de 100 personnes avec le renforcement de AAA, qui comptera en juillet 28 professionnels de l’investissement. « Dans le cadre du rapprochement d’ABN Amro et de Fortis Nederland (les deux banques nationalisées par La Haye, NDLR), six collaborateurs de Fortis aux Pays-Bas vont nous être rattachés, ainsi qu’un analyste d’ABN Amro en Suisse, explique Stéphane Corsaletti. Cela nous permettra d’étendre notre recherche sur les classes d’actifs alternatives, comme l’immobilier, les matières premières et le capital-investissement. »

La vocation d’AAA : servir davantage les clients d’ABN Amro comme l’ensemble des gestions de Neuflize OBC, qui constituent désormais l’unique pôle de gestion de la banque. La multigestion a déjà récupéré un mandat de sélection de fonds pour la banque de détail du groupe aux Pays-Bas d’un montant d’un milliard d’euros, auparavant confié à Fortis Investments*. Reste à savoir si ces synergies seront durables, car La Haye prévoit de se désengager dès 2013 du groupe formé par ABN Amro et Fortis Nederland.

*Lors du partage d’ABN Amro entre Fortis, Royal Bank of Scotland et Santander, Fortis Investments avait hérité de la gestion d’actifs de sa compatriote, avant de passer lui-même dans le giron de BNP Paribas, qui a repris les entités belge et luxembourgeoise de Fortis

A lire aussi