DOSSIER GPAF

Exane BNP Paribas en haut de l'affiche

le 01/07/2010 L'AGEFI Hebdo

Anticipation, innovation et confiance sont plus que jamais les mots clés en période de crise.

Plus d'un an et demi après le krach boursier déclenché par la faillite de Lehman Brothers, la bataille demeure toujours rude entre les courtiers et les bureaux de recherche français confrontés à des investisseurs qui exigent d’eux perfection, lucidité et anticipation. Le moins que l'on puisse dire est que la sérénité n’est pas revenue sur les marchés d’actions ; et un tel contexte ne peut qu'accroître la compétition entre les professionnels de la place de Paris. L’édition 2010 des Grands Prix de l’Analyse Financière (GPAF) de L'Agefi, en partenariat avec Thomson Reuters Extel Survey, dont l’objectif est de récompenser les meilleurs experts sélectionnés par les investisseurs, repose cette année sur une nouvelle méthodologie par rapport à l'édition de décembre 2008 (lire page 28). Ces Grands Prix sont l’occasion de tirer quelques enseignements de la crise et de révéler les choix stratégiques gagnants, ceux qui permettent de traverser les périodes les plus tourmentées avec professionnalisme.

Investissement et qualité

Exane BNP Paribas, nommé « meilleur broker sur la France » sur les valeurs françaises et « meilleur broker français » sur les valeurs européennes », dévoile ainsi quelques-uns de ses atouts. « La stabilité de la stratégie et de l'effort d'investissement a permis de construire et de préserver un bureau de recherche cohérent », indique Vincent Laurencin, directeur de la recherche chez Exane BNP Paribas, pour qui une autre clé du succès est « le gros travail de nos analystes ». La Recherche Actions est un métier exigeant, « qui demande une somme d'efforts, de rigueur, d'investigation, pour apporter aux investisseurs une aide à valeur ajoutée dans leur décisions d'investissement ».

Ces principes ont sans aucun doute été suivis à la lettre par les trois analystes de cette maison, Arnaud Pinatel, Nicolas Godet et Sylvain Brunet, nommés par les institutionnels européens parmi les cinq meilleurs analystes de valeurs européennes basés en France. Antoine Colonna, de Bank of America Merrill Lynch, monte toutefois à la première place du podium, tandis que Antoine Belge, exerçant également pour le compte d’une banque étrangère, HSBC, se positionne en cinquième place.

L’anticipation est aussi un facteur de réussite, comme le rappelle Société Générale, qui remporte à la fois le prix du « meilleur bureau de recherche sur la France » et de la « meilleure équipe stratégie et économie » sur les valeurs européennes. Patrick Legland, responsable mondial de la Recherche chez Société Générale, se souvient : « Nous avons publié plus tôt que nos concurrents des études sur l'impact des IFRS (normes internationales d'information financière, NDLR), nous avons été parmi les premiers à étudier l'amplitude de la crise de 2007 et avons parlé de la dette des Etats dès octobre 2009. » La recette, poursuit Patrick Legland,« l’esprit d'innovation des équipes qui consiste à orienter et coordonner notre recherche pour discuter et expliciter des problématiques majeures », avant que le marché et les concurrents y prêtent attention.

Cela implique de défendre des thèses qui peuvent paraître très risquées, voire totalement illusoires au moment où elles sont formulées. « Notre stratégiste global Albert Edwards a ainsi dit dès 1998, en plein boom internet, que la finance allait entrer dans un nouvel âge de glace, relate Patrick Legland. En 1998, cette thèse paraissait pour le moins osée. Douze ans plus tard, elle s'avère juste. »

Les analyses avant-gardistes sont prises au sérieux dès lors qu’une relation de confiance a su s’instaurer avec les institutionnels. A cet égard, Jean-François Delpech, directeur de la recherche d’Oddo Securities, établissement régulièrement nommé parmi les cinq premiers gagnants du GPAF, insiste sur l’indépendance de ses équipes : « Nos clients, les investisseurs, savent qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts. Cette position se retrouve à la fois dans le produit et la nature de notre relation. » Une autre explication de cette belle performance est « le rayonnement de notre équipe ISR, qui vient compléter le succès de l'ensemble de notre recherche transversale ». Son travail permet de développer des convictions pour le long terme.

La fin de l'année 2010 devrait voir l’approfondissement de l’ensemble de ces stratégies. Mais tous devront relever encore le défi de l’augmentation de la couverture du nombre de valeurs et de la demande de sur mesure de la part des investisseurs en quête de services de plus en plus pointus. Les clients de toutes les professions n'ont-ils pas de tout temps réclamé le mouton à cinq pattes ?

Pour toute information, contactez Thomson Extel Surveys au +44 (0)20 7542 7700 ou extelsurveys@thomsonreuters.com

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