Entretien avec... Tim Keaney, responsable Europe de BNY Mellon et coprésident de BNY Mellon Asset Servicing

« En France, nous privilégions clairement la croissance externe »

le 08/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont vos priorités en Europe ?

Nous voulons nous renforcer en France et au Luxembourg, les deux points faibles de notre dispositif. Via notre bureau de représentation parisien, nous proposons déjà des services de conservation transfrontalière, mais nous voulons offrir désormais des prestations de conservation de titres locaux et d’administration de fonds aux compagnies d’assurances et aux sociétés de gestion françaises. Cela nous permettra d’avoir une palette de services complète pour ces clients qui s’internationalisent de plus en plus mais ne souhaitent pas pour autant multiplier le nombre de leurs fournisseurs. Il nous faudra être patients car les trois gros acteurs français concentrent 90 % du marché, mais nous privilégions clairement la croissance externe.

Et au Luxembourg ?

Nous optons pour la croissance organique car ce pays va continuer à tirer profit de sa fiscalité et des directives Ucits III - et bientôt Ucits IV - qui favorisent la création de fonds luxembourgeois. En outre, seule la moitié des actifs de ces fonds sont actuellement confiés à un conservateur extérieur. Nous figurons aujourd’hui dans le Top 10 du marché, mais nous comptons rattraper notre retard et nous hisser dans le Top 3 comme dans les autres pays européens.

Quelle est votre position aujourd’hui dans ces pays ?

Nous souhaitons renforcer notre présence dans les zones où sont concentrées les plus grosses masses d’actifs et sur les produits à valeur ajoutée. En Allemagne, l’acquisition de BHF Asset Servicing va nous permettre de devenir numéro deux avec 473 milliards d’actifs sous conservation. Ce pays complète notre dispositif européen de conservation locale qui compte aussi le Royaume-Uni, les Pays-Bas, et l’Irlande où nous sommes déjà le leader de la conservation. A Dublin, le rachat de Global Investment Servicing (filiale de PNC Financial Services, NDRL) double la taille de notre activité de services aux fonds alternatifs, qui représente désormais 15 % des actifs conservés sur place.

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