Entretien avec... Nicolas Malaterre, responsable de l’équipe analyste Financements structurés chez Standard & Poor’s France

« En Europe, les portefeuilles granulaires ont un faible taux de défaut »

le 22/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel bilan des effets de la crise sur la titrisation peut-on tirer à ce jour ?

Globalement, nous observons en Europe les premiers signes que les performances restent solides au regard de l’environnement dégradé. Si la crise a imposé aux structures des « stress » sévères, nous enregistrons à ce jour un taux de défaut fin 2009 de seulement 0,39 % en volume (soit 7 milliards d’euros) sur l’encours des émissions européennes qui étaient notées mi-2007, soit un montant de 1.858 milliards d’euros. Certes, les dégradations de notes ont été plus importantes depuis mi-2007 que sur la période antérieure, mais presque 90 % des notations de ces encours à mi-2007 sont restées stables à ce jour. La situation est donc distincte de celle des Etats-Unis où, sur la même durée, les taux de défaut atteignent 4,29 % et les dégradations 40 %. Un point commun, toutefois, des deux côtés de l’Atlantique, la performance nettement supérieure des notations de catégorie d’investissement par rapport à celles de catégorie spéculative.

Quels changements d’approche la crise a-t-elle entraînés ?

Globalement, les CDO (collateralized debt obligations, NDLR) et les RMBS (residential mortgage-backed securities) aux Etats-Unis ont été les segments les plus impactés, alors que les ABS (asset-backed securities) et les RMBS en Europe ont connu des évolutions bien meilleures en termes de stabilité et de défaut. En Europe, les portefeuilles granulaires - composés de crédits aux particuliers- ont connu un taux de défaut de 0,03 % des encours seulement, avec des dégradations limitées à 3,25 %. Sur les CDO où les pertes ont été les plus fortes, nous avons revu nos méthodologies et visons globalement à renforcer la stabilité des notes AAA, soit les tranches les plus seniors, qui doivent opposer le plus de résistance en cas de retournement de la conjoncture et rester dans le haut de la catégorie investissement.

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