L'avis de... Mark Taborsky, executive vice president, responsable asset allocation product development de Pimco, à Newport Beach

« La diversification donne un faux sentiment de sécurité »

le 22/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment se définit la notion d’« absolute return » aux Etats-Unis ?

Dans les portefeuilles des investisseurs institutionnels américains, la partie absolute return recouvre d’abord les hedge funds. Mais les gérants ont bien la possibilité d’avoir recours à des produits dérivés, pour prendre par exemple des positions short ou un peu d’effet de levier, dans le cadre des mutual funds américains, comme les gérants européens peuvent le faire dans le cadre de fonds Ucits III (conformes à la directive européenne OPCVM). C’est ainsi que nous venons de lancer une nouvelle stratégie multiclasse d’actifs, dont une des spécificités est de se protéger contre les risques extrêmes, grâce à un système d’assurance de portefeuille fondé sur des options.

La gestion diversifiée est-elle nouvelle chez Pimco, qui est d’abord un gérant obligataire ?

Nous avions recours à d’autres classes d’actifs, comme les actions ou les matières premières, dans certains portefeuilles, mais avec une approche passive. Or, nous observons que ces marchés répondent comme les marchés obligataires, entre autres, à des facteurs macroéconomiques. Il nous a donc semblé judicieux de mettre en œuvre d’une manière active aussi dans ces domaines nos anticipations sur les tendances macroéconomiques.

S’agit-il d’une stratégie « absolute return » ?

Nous ne la présenterons pas aux investisseurs comme une stratégie de rendement absolu, car elle peut accuser des pertes (nous avons fixé un niveau de perte maximale acceptable). En outre, le beta vis-à-vis des actions peut évoluer dans une fourchette, sans jamais atteindre la neutralité. Mais la gestion diversifiée doit évoluer, car la diversification donne un faux sentiment de sécurité. En pratique, beaucoup de classes d’actifs ont une forte corrélation avec les actions. C’est le cas des hedge funds, du high yield, du private equity, mais aussi en partie de l’immobilier. Aussi il faut mettre en place une allocation par facteurs de risque, qui prenne en compte ce constat et la réalisation de risques extrêmes.

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