Divergences financières

le 14/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Les indicateurs conjoncturels de la zone euro ne sont pas les seuls à diverger quand on les observe d’un pays à l’autre. Les statistiques financières ne sont pas en reste. C’est évident sur les marchés obligataires pour les titres d’Etat. La crise a mis un terme à la convergence des taux d’intérêt sur les titres publics qui existait depuis le lancement de l’euro. Retour à la réalité, les investisseurs ont redécouvert les différences entre les déficits publics et les ratios de dette publique de chaque pays, et plus encore la fiabilité des données publiées. La sanction a été immédiate : les spreads se sont écartés brutalement et les Européens ont eu à gérer la crise grecque et sa contagion aux pays du sud de la zone. L’époque pas si lointaine où le spread espagnol avec le Bund était négatif est définitivement oubliée.

D’autres indicateurs financiers sont concernés. Quelques exemples. Agrégé comme contrepartie de la masse monétaire publiée par la Banque centrale européenne, le crédit semble redémarrer en zone euro. En fait, la production de crédit aux entreprises continue de décroître. Seuls le crédit à la consommation en Italie et le crédit habitat en France progressent. Et surtout, il n’est rien dit du désendettement en cours dans les pays qui ont vu éclater une bulle de crédit : l’Espagne et l’Irlande. Enfin, les places boursières entérinent à leur manière une zone euro à plusieurs vitesses. Depuis le début de l’année, le DAX, l’indice allemand, a progressé de 5,4 % (7 octobre), tandis que le CAC français a baissé de 4,5 % et que l’Ibex espagnol a chuté de 10,5 %.

A lire aussi