Entretien avec... Etienne Stofer, directeur de la CRPN* et responsable du groupe Transparence obligataire de l’AF2I**

« Centraliser les ordres permettra de calculer un ‘fixing’ »

le 04/02/2010 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la position des investisseurs à l’égard des projets de la place sur la relance du marché obligataire parisien ?

Les investisseurs sont à l’origine de la démarche actuelle qui vise à introduire de la transparence sur le marché secondaire obligataire, au-delà des obligations des grands Etats de l’Union européenne, au premier rang desquels les obligations corporate (banques et entreprises) investment grade. Une réflexion commune a été engagée par l’AF2I et l’AFG (Association française de gestion, NDLR), rejointes par la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances, NDLR) et l’AFTE (Association française des trésoriers d’entreprise, NDLR) : nous avons fait part de notre préoccupation alors que, suite à la crise financière, la transparence déjà modeste qui caractérisait le marché obligataire a fait place à l’opacité. Paris Europlace a repris cette problématique au sein du groupe que présidait Patricia Barbizet, les professionnels s’entendant pour dire que l’opacité nuit à la qualité des valorisations et à la liquidité du marché, l’absence de prix fiable dissuadant les transactions, y compris en gré à gré.

Quel type de solution préconisez-vous ?

Nous sommes favorables à tout schéma pouvant donner aux acteurs une plus grande transparence post et pré-trade. Le fonctionnement discontinu du marché propre aux obligations n’exclut pas l’existence d’un point de centralisation d’ordres fermes, permettant, au moins sur les souches d’une certaine importance, de calculer un fixing journalier (voire deux), par exemple en extrapolant un prix à partir des transactions de la journée et de l’évolution des taux. Une transparence post-transaction en volume et en prix est envisageable et permettrait de valoriser les titres de façon fiable. Il est clair, déjà, que la formule permettra aux investisseurs de mieux se conformer à leur réglementation et aux banques de réduire leur exigence de fonds propres avec des valorisations plus sécurisées. Elle correspond aussi à l’esprit de la directive MIF (Marchés d’instruments financiers, NDLR), même si cette directive n’est appliquée aujourd’hui que sur les actions, les obligations ayant été ignorées.

*Caisse de retraite du personnel navigant

**Association française des investisseurs institutionnels

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