L’avis de... Alain Rocher, directeur du knowledge management chez SGSS

« Le ‘swing pricing’ est un mécanisme inhabituel »

le 02/07/2015 L'AGEFI Hebdo

« Le ‘swing pricing’ est un mécanisme inhabituel »
Alain Rocher, directeur du knowledge management chez SGSS
(DR)

Comment appréhender les nouvelles méthodes « anti-dilutives » ?

Outre l’intérêt du point de vue de la liquidité, le passage au « swing pricing » permet d’améliorer la performance pour des fonds sans droits d’entrée/de sortie, ou de ne plus afficher de droits sans diluer pour autant la performance. Outre cet argument commercial, ce mécanisme « internalisé » de pilotage du coût de réaménagement est plus souple que les mécanismes existants, sans nécessiter de lettres aux porteurs par exemple. Et son principal inconvénient – l’effet sur la volatilité de la valeur liquidative résultant du « swing » – peut être atténué par la mise en place de seuils de déclenchement, et par la possibilité, prévue dans la charte AFG, de n’intégrer qu’une partie des coûts dans ce « swing factor » lorsque les opérations de réaménagement bénéficient aux porteurs restants ou ne génèrent pas de coûts (cas des souscriptions par apport de titres).

En quoi ce mécanisme est-il complexe ?

La valeur liquidative n’est plus indépendante des mouvements de souscriptions/ rachats, ce qui implique une modification de l’actif net servant de base au calcul de la valeur liquidative (VL). Cette démarche inhabituelle a dû être expliquée à l’Autorité des normes comptables (ANC). Dans le cas général (« swing factor ») où la méthode employée ne permet pas de déduire un prix pour chaque titre du portefeuille, le « swing pricing » nécessite d’inscrire le montant correspondant sur un compte d’ajustement spécifique au bilan. En revanche, cet ajustement comptable a posteriori n’est pas nécessaire lorsque la méthode est basée sur une revalorisation ligne à ligne du portefeuille en cours « bid » ou en cours « ask » selon le signe du solde net des souscriptions/rachats. Mais ce « repricing » cible uniquement les obligations, et part du principe que le coût de réaménagement ne dépend que du coût de liquidité. La méthode générale est préférable dès lors qu’il y a des coûts de courtages ou des taxes.

Comment participez-vous au calcul ?

La société de gestion décide des tâches confiées à l’administrateur de fonds. A minima, ce dernier aura à « forcer » la VL à partir du « swing factor » fourni, mais il est très souvent sollicité pour détecter les dépassements du seuil de déclenchement, et parfois pour participer à la détermination du « swing factor ». Parallèlement aux tâches habituelles de calcul de la VL (donc sans délai supplémentaire). Par ailleurs, l’administrateur de fonds s’assurera de la traçabilité des différents calculs, ce qui permettra aux auditeurs de pouvoir vérifier a posteriori le respect des règles de la politique de « swing pricing », et de diligenter des enquêtes le cas échéant.

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