L’avis de... Yves Choueifaty, président fondateur de Tobam

« Le succès de la ‘low volatility’ est le résultat d’une anomalie de marché »

le 12/11/2015 L'AGEFI Hebdo

« Le succès de la ‘low volatility’ est le résultat d’une anomalie de marché »
(DR)

Que penser aujourd’hui des stratégies à faible volatilité ?

Tout le monde a constaté la « low volatility anomaly » : en surpondérant les actions à faible volatilité, on obtient une rémunération du risque historiquement élevée. Or si les marchés financiers étaient efficients, cette constance ne serait pas possible. Ce genre de surperformance historique est la manifestation qu’un certain biais, en l’occurrence Low Vol, n’est pas cher. Si les marchés achètent plus de ce biais, ils finissent par rapprocher les titres concernés de leur juste valeur, et la surperformance disparaît. Si l’anomalie persiste dans le temps, c’est qu’elle n’est pas encore assez arbitrée.

Ces actions sont-elles devenues trop cher ?

Je ne sais pas : seules les actions capables de surperformance à l’avenir nous intéressent. Si personne ne la détecte, une anomalie de marché peut rester en place très longtemps. En revanche, quand tout le monde est au courant, cela ne dure généralement pas : il est certain que l’anomalie Low Vol n’a pas été assez exploitée lors des quarante dernières années – la sous-valorisation des technos ne l’avait pas non plus été avant le rééquilibrage de 1999, puis la bulle. Depuis 2012, plusieurs brokers ont tiré la sonnette d’alarme sur les actions Low Vol : il peut être intéressant de les jouer de manière moins systématique désormais.

Serait-ce lié à un effet de mode ?

J’ai dû mal à trouver d’autres explications. Nous avons d’ailleurs constaté que, pendant longtemps, les portefeuilles Low Vol étaient assez diversifiés en termes de secteurs, styles, tailles d’entreprises, etc. Mais la corrélation des actions Low Vol entre elles, par rapport à celle entres actions normales, est remontée de 30 % depuis 2012 aux Etats-Unis... Chez Tobam, notre stratégie est basée uniquement sur la « faible corrélation » des actions entre elles : cela nous amène à une très forte diversification historique, tout en assurant cette faible corrélation sur long terme.

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