SMART BETA - Robeco, SSGA et Seeyond toujours devant

le 11/02/2016 L'AGEFI Hebdo

« Smart beta par le risque »

- Face à l’essor des stratégies quantitatives basées sur la repondération d’indices, Conatus Finance propose pour la deuxième année une étude approfondie sur les fonds de « smart beta par le risque », orientés par ce seul critère (MinVar, diversification, équipondération). Le cabinet de conseil aux institutionnels a regroupé les performances par zones géographiques (Europe, monde, émergents, Etats-Unis) sur la période 2011-2015, globalement plutôt favorable à ces stratégies. Il a ensuite effectué un classement quantitatif de ces fonds à partir de l’alpha réalisé et de sa stabilité (ratio alpha/volatilité de l’alpha) sur la période et sur douze mois, la capacité à générer un alpha stable étant un facteur important de la qualité d’un gérant. Comme l’an dernier, Robeco, SSGA et Seeyond obtiennent ainsi les meilleures notes globales sur 28 fonds (ouverts ou ETF – exchange-traded funds) qui avaient un historique de distribution suffisant à l’échelle européenne (2 fonds d’Allianz GI en difficulté sont sortis du classement).

- L’étude confirme ainsi que la gestion par la diversification du risque peut être efficace avec : 6 fonds notés comme très performants, 6 performants, 10 moyennement performants et 6 qui détruisent de la valeur. « Les différences entre les approches géographiques sont cependant plus criantes cette année, résume Jean-Christophe Marquis, président de Conatus. Ces stratégies fonctionnent très bien sur l’Europe, un peu moins sur le monde et les Etats-Unis. Sur les pays émergents, les fonds étudiés sont globalement décevants depuis un an dans un contexte qui aurait dû leur être favorable. »

« Minimum variance »

- En effet, les stratégies de « minimum variance » sont globalement les plus performantes, mais toujours avec de très forts écarts de ratio rendement/risque entre les fonds du fait du caractère « actif » de la gestion : à part celui de Tobam, les fonds émergents semblent mal appréhender les surexposition à la très forte volatilité sur certains pays.

- Le cabinet rappelle que ces stratégies peuvent conduire à une plus forte rotation des portefeuilles qu’au sein d’un indice (ce qui peut avoir un effet sur la collecte lié à la phase transitoire d’entrée en vigueur de Solvabilité 2), avec des coûts de transactions plus élevés. Les frais de gestion appliqués le sont également (TER jusqu’à 1,5 %, mais le plus souvent inférieur à 1 %).

- Enfin, l’étude commence à suivre plusieurs fonds proposant une exposition à plusieurs facteurs (non classés ici) : low vol, value, momentum, value, small cap... « Les fonds ‘multifactoriels’ qui génèrent plus d’alpha en 2015 (comme Morgan Stanley et Amundi sur l’indice Scientific Beta) présentent une surperformance fortement corrélée à celle des fonds ‘minimum variance’ : l’apport de la diversification ne semble alors pas si évident », conclut Jean-Christophe Marquis. L’analyse se fait fonds par fonds, en se basant sur des performances réelles (hors « back tests ») afin d’éviter l’écueil des modèles « ajustés » seulement au plus près des performances passées.

Classement des fonds « smart beta par le risque » (2011-2015)

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