Rencontre avec... Pierre-Maxime Duminil, directeur général de Cavamac (Caisse d'allocation vieillesse des agents généraux)

« La gestion flexible permet de redonner un caractère tactique »

le 12/03/2015 L'AGEFI Hebdo

« La gestion flexible permet de redonner un caractère tactique »
Pierre-Maxime Duminil, directeur général de Cavamac (Caisse d’allocation vieillesse des agents généraux)
(DR)

Quel est votre intérêt pour la gestion flexible ?

Afin de capter les meilleures performances sur chacune des classes d’actifs grâce à une sélection des gérants, nous avions réorganisé notre gestion d’actifs en 2008 autour de fonds dédiés « purs » en obligations euro, actions euro, obligations convertibles et actions internationales, selon une allocation stratégique avec 45 % d’actions et 45 % d’obligations. Nous avions sélectionné deux ou trois gérants spécialisés dans chaque classe d’actifs afin de les mettre en compétition. Cela nous a offert un très bon niveau de performance depuis six ans, avec un rendement annuel réel de 7 % hors inflation, mais pas la possibilité d’éviter les crises de 2008 et 2011. C’est pour avoir plus de souplesse sur ce portefeuille global de 1,2 milliard d’euros, et lui redonner un caractère plus « tactique », que nous avons proposé en 2011 à notre commission des placements d’ajouter une poche de gestion flexible, pour environ 10 % du portefeuille.

Comment avez-vous organisé cette gestion ?

Après appel d’offres, nous avons créé deux fonds dédiés avec deux gérants flexibles – toujours pour pouvoir les comparer et les suivre. Nous avons choisi deux véhicules « fonds de fonds », là encore pour pouvoir investir via des gérants spécialisés sur les classes d’actifs visées : actions, obligations, monétaires, convertibles... Nous leur avons fixé des contraintes : un peu plus souples en termes de rating, plus rigides en termes de perte maximum (« max drawdown » de 10 % sur un an glissant) et de volatilité. Nous sommes satisfaits des performances (24 % sur trois ans, avec une volatilité inférieure à 4 %), supérieures à l’objectif (Eonia +4 %) même si, sur la période, nos fonds « purs » ont mieux profité des rallys sur les actions et les obligations. Nous pourrions augmenter cette allocation tactique « flexible » jusqu’à 20 % de notre actif à l’avenir.

Une souplesse nécessitée par des contraintes de passif ?

Ce n’était pas notre objectif. Après quinze ans d’investissement, nous sommes certes entrés dans une phase « neutre », avec des besoins de trésorerie mais pas encore de liquidités nécessitant de « consommer » nos réserves. Du fait d’une démographie des agents d’assurance défavorable, nous devrons cependant réorganiser notre allocation stratégique en 2016, ce qui sera l’occasion de s’appuyer sur cette allocation flexible.

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