Zone euro, le rééquilibrage à l’arrêt

le 18/12/2014 L'AGEFI Hebdo

Dette perpétuelle. Cinq ans d’ajustements macroéconomiques n’ont pas comblé les importants déséquilibres au sein de la zone euro qui compte neuf des quinze économies les plus endettées vis-à-vis de l’extérieur de la planète, indique une étude de l’agence de notation Standard & Poor’s. Entamé en 2008, souligne l’agence, le processus de rééquilibrage au sein de la zone euro est à l’arrêt depuis 2012. Pis, ce processus semble sur le point de s’inverser, les pays créanciers continuant de dégager des excédents avec les pays débiteurs. En fait, les efforts des débiteurs ont surtout permis de dégager des excédents vis-à-vis de l’extérieur de la zone euro, ce qui explique le niveau « historique » de l’excédent des comptes courants de la zone euro. Les quatre pays les plus endettés (position nette extérieure de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et du Portugal) totalisent 1.850 milliards fin 2014 de dette extérieure, contre 875 milliards d’euros dix ans auparavant. En sens inverse, la position nette des trois principaux pays créditeurs que sont l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas atteint 2.360 milliards, contre 343 milliards en 2004. Pour S&P, l’arrêt du rééquilibrage interne de la zone euro risque de prolonger la période de transfert des ressources des pays débiteurs vers les créditeurs. Et surtout, ce phénomène pourrait ralentir la reprise économique à la périphérie de la zone euro, et de surcroît nourrir la protestation populaire et brouiller la lisibilité des politiques publiques.

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