L'avis de... Julien Martin, responsable du Centre de compétence renminbi de BNP Paribas

« Un vecteur de réformes »

le 05/02/2015 L'AGEFI Hebdo

« Un vecteur de réformes »
Julien Martin, responsable du Centre de compétence renminbi de BNP Paribas
(DR)

Quel est l’objectif du Centre de compétence renminbi ?

La banque a créé le Centre de compétence renminbi en 2013. Il est chargé de conduire, déployer, coordonner et structurer l’ensemble de ses produits dans cette devise. Ce centre d’expertise répond à deux problématiques. D’abord, il correspond à la nécessité d’offrir des solutions intégrées à nos clients internationaux, qui, de plus en plus souvent, souhaitent opérer localement, en Chine continentale. Nous les aidons à naviguer dans l’environnement réglementaire chinois qui peut s’avérer difficile à appréhender. Le Centre de compétence nous permet aussi d’accompagner notre clientèle chinoise, préférant utiliser sa devise dans le cadre de ses opérations hors de Chine. Sa stratégie est menée à partir de notre centre régional à Hong Kong afin d’être le plus proche possible des régulateurs chinois et de s’associer aux réformes en cours.

Qu’observe BNP Paribas en qualité de banque fournisseur de liquidités, « primary liquidity provider », en renminbi offshore à Hong Kong ?

Volontariste, l’autorité monétaire de Hong Kong (Hong Kong Monetary Authority, HKMA) a décidé de se positionner en tant que « banque centrale du renminbi offshore » (CNH), en toute légitimité puisque Hong Kong en est le premier marché mondial. Anticipant une demande croissante de liquidité, elle a choisi sept banques « primary liquidity provider », dont BNP Paribas. Depuis le 10 novembre, HKMA nous donne accès à des lignes de financement permettant de fournir 14 milliards de CNH de liquidités quotidiennes. Cette initiative doit être associée au lancement du Shanghai-Hong Kong Stock Connect. Véritable succès en termes de construction financière, cette connexion bilatérale de marchés n’a pas atteint tout son potentiel. Les volumes d’échanges s’y étofferont certainement à la suite des efforts que nous déployons auprès des investisseurs internationaux souhaitant investir en Chine et auprès des Chinois désireux de se positionner sur le marché hong-kongais.

Quel sera le moteur de l’internationalisation du renminbi ?

Ce mouvement se développe au rythme dicté par les autorités chinoises, accompagné par la volonté de ces dernières de promouvoir leurs propres standards opérationnels. Trois éléments peuvent accélérer l’adoption du renminbi à l’étranger, à commencer par l’intention de la Chine d’importer des matières premières dans sa propre devise. L’intégration partielle ou complète des marchés chinois d’actions et d’obligations aux indices de gestion globaux en constituerait aussi un moteur. Sans compter l’accélération du développement international des entreprises chinoises, qui rend le financement extérieur dans leur propre devise plus avantageux.

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