Schroders entend se faire une place dans l’immobilier en France

le 07/05/2015 L'AGEFI Hebdo

Le pôle Reim du britannique, qui ambitionne d’atteindre un milliard d’euros d’encours d’ici deux ou trois ans, multiplie les opérations.

Schroders entend se faire une place dans l’immobilier en France
Schroders Reim a annoncé le mois dernier l’achat d’un centre commercial en Gironde.
(DR)

Schroders appuie sur l’accélérateur dans l’immobilier. « Cette classe d’actifs est aujourd’hui sous-représentée au sein du groupe. Elle compte pour environ 4 % des actifs sous gestion de Schroders alors que nos clients, au sein de leur portefeuille global d’investissement, y sont exposés à hauteur de 6 %-10 %. Nous devons répondre à cette demande et développer la gamme de produits en France et dans l’ensemble des pays européens où le groupe propose cette offre », déclare Thomas Guyot, nommé en 2013 à la tête de l’immobilier en France.

Fin 2014, les encours du gérant d’actifs s’élevaient à 300 milliards de livres (408 milliards d’euros), dont 11,7 milliards de livres issues de Schroders Real Estate Investment Management (Reim), pôle dédié à la gestion immobilière. Sur ces 11,7 milliards, 60 % sont situés au Royaume-Uni, 25 % en Europe continentale et 15 % sont issus du pôle Global Property Securities (fonds de sociétés immobilières cotées).

En France, où Schroders est présent depuis quinze ans dans la gestion traditionnelle (4,4 milliards d’euros gérés fin 2014), « le pôle immobilier était quasi inexistant lors de mon arrivée et ma fonction consiste à le développer », explique Thomas Guyot. D’environ 400 millions d’euros actuellement, les encours dans l’immobilier en France et en Belgique ont vocation à atteindre, selon le dirigeant, un milliard d’euros d’ici deux ou trois ans. « Cet objectif nous apparaît clairement réalisable au regard de notre potentiel de développement et de l’évolution de la taille des opérations », estime cet ancien de Morgan Stanley. Alors qu’elle regardait depuis deux ans des transactions valorisées entre 10 et 60 millions d’euros, la structure pilotée par Thomas Guyot élargit aujourd’hui son spectre à des opérations allant jusqu’à 200 millions d’euros en vue de répondre à la demande des clients.

« Un pipeline très chargé »

Schroder Reim, qui dispose d’une palette d’une quinzaine de fonds (de droit luxembourgeois ou britannique) dans l’immobilier en Europe, a vocation à élargir son offre et gérer plus de produits. « Nous réfléchissons à de nouveaux véhicules, qui pourraient être exclusivement dédiés à des investissements en France. Nous pouvons également réaliser des fonds sur mesure, comme nous l’avons fait en Belgique pour deux investisseurs à la suite de l’acquisition de la Tour Bastion (33.000 m² de bureaux, NDLR) pour 110 millions d’euros », indique Thomas Guyot.

Cette opération, réalisée à Bruxelles en mars pour le compte d’un assureur français et d’un fonds de pension finlandais, succède aux acquisitions d’un immeuble parisien en mai 2014 et d’un portefeuille de pieds d’immeubles (pour plus de 20 millions d’euros) en septembre. Schroders Reim a par ailleurs annoncé le mois passé l’achat d’un centre commercial en Gironde (voir la photo) pour 29,5 millions d’euros.

« Nous investissons pour compte de tiers dans les bureaux principalement à Paris, et partout en France dans le commerce et la logistique. Nous ciblons les actifs de qualité, ceux de type ‘distressed’ ne correspondant pas au profil de risque de nos clients », synthétise le dirigeant, ajoutant que si le marché immobilier français peut se révéler aujourd’hui difficile en raison de prix élevés, les opportunités existent. D’ailleurs, « nous disposons d’un pipeline très chargé. Deux à trois opérations supplémentaires devraient être bouclées d’ici à septembre », précise-t-il. De quoi alimenter l’objectif de croissance des encours.

2015 sous de bons auspices

« Une performance solide ». Tel est le commentaire du bureau d’études Credit Suisse pour qualifier les résultats trimestriels dévoilés le 30 avril par Schroders. Sur les trois premiers mois de l’année, le gérant britannique a dégagé un résultat avant impôts et éléments exceptionnels de 149,6 millions de livres sterling (203,4 millions d’euros), en progression de 14,5 %. Le chiffre d’affaires a augmenté de 12,5 % pour atteindre 403,8 millions de livres. Surtout, la collecte nette réalisée par le gérant s’est établie à 5,1 milliards de livres, là où le consensus misait sur un montant de 4 milliards de livres.

Thomas Guyot
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Thomas Guyot

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