Grands Prix ETF 2015

Le sacre de l’indiciel coté

le 05/02/2015 L'AGEFI Hebdo

Porté par l’adhésion des investisseurs à la gestion passive, l’ETF remporte les suffrages.

Le sacre de l’indiciel coté

Trois lettres et un succès sans faille. L’ETF (exchange-traded fund) ne cesse de se hisser dans le paysage de la gestion passive. Le dernier relevé des compteurs mondial initié par ETFGI, indique qu’à fin 2014, ETF et ETP (exchange-traded products) représentaient 2.790 milliards de dollars investis au travers de 5.580 véhicules issus de 239 promoteurs et listés sur 62 places boursières de 49 pays. Indicateur de la belle santé du secteur, les flux entrants ont atteint 338 milliards d’euros sur la seule année 2014, « gage que l’ETF est un véhicule de choix pour de nombreux investisseurs pour ajuster leur allocation de portefeuille », relève l’analyse de ETFGI.

L’Europe n’est pas en reste, même si cette industrie s’y est implantée plus récemment qu’aux Etats-Unis. « Le marché européen des ‘trackers’ va croître de l'ordre de 15 % à 20 % en 2015 », anticipe, confiant, Simon Klein, responsable commercial ETP Europe et Asie de Deutsche AWM. Selon le promoteur de fonds cotés, avec 357,3 milliards d’euros d’actifs sous gestion, les ETF représentent actuellement 3,3 % du volume total des fonds en Europe. Certes, la proportion reste mineure, mais les leviers sont là.

Tout d’abord, le regain d’intérêt des institutionnels pour la gestion passive pèse lourdement dans la balance. Si nombre de grands investisseurs se tournent plus spontanément qu’auparavant vers les OPCVM ouverts, fonds dédiés ou mandats indiciels, la version cotée retient pleinement leur attention, en raison d’une cotation en continu et d’un accès facile. D’ailleurs, une récente enquête de Greenwich Associates souligne que parmi les 120 investisseurs institutionnels européens interrogés (assureurs, fonds de pension, gestionnaires d’actifs, caisses de retraite…), 83 déclarent investir dans les ETF et prévoient d’y recourir plus largement encore dans les trois prochaines années.

Autre point, la politique tarifaire pratiquée par les promoteurs d’ETF, promesse d’une performance ajustée au mieux à l’indice répliqué, séduit. Enfin, la constante innovation de l’industrie parachève la liste des atouts prêtés à ces véhicules cotés. Outre les traditionnels indices capipondérés, notamment sur l’univers actions, on trouve désormais de possibles expositions à des indices obligataires de toutes sortes. C’est d’ailleurs de là que viendra, d’après les sociétés de gestion, la croissance du marché. Selon la recherche de Deutsche Bank AG, leurs encours sous gestion en Europe ont augmenté de 41 % en 2014, contre 22 % du côté des trackers actions. Le segment du high yield et celui des émissions d’entreprises à maturités courtes ont indéniablement répondu à une demande forte des investisseurs, et les gestionnaires travaillent à de nouveaux produits de dettes ou au prolongement de leur gamme obligataire. Autre succès de l’industrie, l’accès à des indices « retravaillés » (smart beta) dont la ventilation des titres dépend d’une approche financière préétablie.

Un marché mondial concentré

Néanmoins, il ne suffit pas d’être innovant pour percer dans le marché. Pour preuve, l’industrie mondiale est entre les mains de trois acteurs : iShares (BlackRock), SPDR (State Street)  et Vanguard qui, à eux seuls, détenaient à la fin de l’année dernière 70,5 % parts de marché. Ce trio, qualifié d’« historique », préempte des places jalousées. Solide, cette tête de classement subit néanmoins des changements à la marge. Si SPDR se maintient d’une année sur l’autre avec des parts de marché de 17,3 %, Vanguard voit les siennes passer de 14,2 à 16 %, tandis que iShares décroît légèrement en passant de 38,4 % à 37,2 %.

De par leur taille, ces grands acteurs américains font jouer les synergies internes et bénéficient d’économies d’échelle pour être à même de compresser toujours un peu plus les frais de gestion sur des produits aux encours de plus en plus importants. Certains trackers affichent même des actifs sous gestion supérieurs à un milliard de dollars. C’est notamment le cas de 691 ETP/ETF, selon un relevé de ETFGI.

Outre une grille tarifaire qui doit impérativement rester contenue afin d’amputer au minimum la performance délivrée, d’autres paramètres permettent de jauger au mieux la qualité de réplication d’un ETF. C’est toute la singularité de cette première édition des Grands Prix des ETF de L’Agefi élaborée en partenariat avec Koris International. Au sein de quatre catégories, ont été calculées la tracking différence (écart de performance entre un indice et l’ETF), la tracking error (volatilité de cet écart de performance) et les collectes nettes d'environ 500 ETF (lire page 28). Ce prix, adossé à une méthodologie robuste, qui donne de nouvelles clés de lecture, récompense 12 lauréats (lire page 29), et distingue deux promoteurs « imaginatifs » par la remise de deux Grands Prix de l’innovation, dans les catégories Actions et Obligations.

Les flux entrants ont atteint 338 milliards d’euros sur la seule année 2014

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