L'avis de... Manuel Romera, directeur du secteur financier de l’IE Business School

« La priorité est la relance de la production de crédit »

le 22/01/2015 L'AGEFI Hebdo

« La priorité est la relance de la production de crédit »
(DR)

Le secteur bancaire a-t-il achevé son processus d’assainissement ?

Les banques espagnoles sont presque toutes assainies. Leur ratio de solvabilité a retrouvé un bon niveau. Les caisses d’épargne sont passées de 45 à 12. Il y aura peut-être encore quelques mouvements de concentration mais pas beaucoup plus. Les derniers tests de résistance publiés cet automne ont démontré qu’il n’y a plus de banques espagnoles en difficulté. Elles sont désormais solvables mais leur rentabilité doit s’améliorer.

Quels sont les défis à relever en 2015 ?

La priorité, c’est le crédit. Une bonne politique de crédit est importante ; c’est-à-dire comment prêter, ce que les banques veulent prêter et comment convaincre les clients de prendre l’argent qu’elles veulent prêter. Il faut renouer avec la confiance, développer une bonne politique économique, une gestion efficace. Le second défi important est de réussir l’union bancaire au niveau de la supervision, de la régulation, de la liquidation de certains établissements financiers, des systèmes de contrôle, notamment du fonds de garantie des dépôts.

Le crédit est-il de retour en Espagne ?

Les banques souhaitent relancer le crédit. Les analystes pensaient qu’en 2014, la production de crédit allait beaucoup plus augmenter. Le problème, c’est que les entreprises saines avaient des réticences. Elles avaient peur de demander des prêts pour faire des investissements rentables et couvrir leurs frais. Il n’y pas encore suffisamment de confiance dans les marchés pour que les économies et les entreprises se remettent à s’endetter. Il y a trois ans de cela, les banques rechignaient à octroyer du crédit à l’économie. Aujourd’hui, elles sont prêtes mais ce sont les entreprises qui ne veulent pas. Le problème d’offre est devenu un problème de demande.

Qu’en est-il de la dette publique et privée dans les bilans des banques ?

Pour la dette publique, c’est un équilibre technique qu’il faut accepter et qui est accepté dans le monde entier. Cette dette publique est une garantie de stabilité. Quant à la dette privée, elle s’est réduite de l’ordre de 30 % à 40 %. Maintenant, il faut l’augmenter de nouveau.

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