Poker menteur

le 22/01/2015 L'AGEFI Hebdo

Entendre des hedge funds et d’autres investisseurs déclamer leur stupéfaction de voir une banque centrale « mentir », perdre sa crédibilité en toute malhonnêteté en quelques secondes en supprimant le cap euro-CHF de 1,20, tout cela a de quoi faire sourire. Il est vrai que certains d’entre eux s’y connaissent en jeux de casino. En décidant de retirer sa main bien visible du marché des changes, la Banque nationale suisse démontre que l’inattendu, l’imprévisible, le surprenant font partie de la boîte à outils des banques centrales. « Le cours plancher de 1,20 demeure l’instrument central » de la politique monétaire, pouvait-on lire dans un communique de décembre dernier. Se renier du jour au lendemain, c’est aussi communiquer, même pour une banque centrale. Des fonds l’ont appris à leurs dépens. Selon Bloomberg, le John Hancock Return Currency Fund de 1,9 milliard de dollars a fondu de 8,7 % au cours de la journée du 15 janvier. En conclusion, on se demandera qui, de la BNS ou des fonds, était le plus inconscient d’imaginer que le peg euro-CHF pouvait tenir ad vitam aeternam et survivre au QE de la BCE.

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