Nouvelle défaillance pour l’Argentine

le 28/08/2014 L'AGEFI Hebdo

Défaut. Pour la deuxième fois en treize ans et la huitième fois de son histoire, l’Argentine a fait défaut fin juillet, faute d’avoir trouvé un accord avec deux « fonds vautours ». Fin juin, un juge américain avait bloqué le paiement d’un coupon, et ce tant que le pays ne rembourserait pas 4 milliards de dollars de dettes à Elliott Management et Aurelius Capital Management, deux hedge funds détenteurs d’obligations qui avaient refusé de participer aux restructurations de 2005 et 2010. Après le délai de grâce d’un mois, le pays est tombé en défaut fin juillet. L’agence de notation Standard & Poor’s l’a placé en « défaut sélectif » et les CDS (credit default swaps) ont été activés. L’Argentine est aujourd’hui dans l’impasse. Une clause de l’accord de restructuration interdit un traitement plus favorable à certains obligataires sous peine de devoir rembourser de la même façon tous les détenteurs de titres. Le pays ne peut se permettre une telle issue et cherche à négocier avec les fonds par l’intermédiaire de plusieurs banques qui leur proposent de racheter leurs titres avec une décote de 50 % (70 % dans le cas de l’accord de restructuration). Le gouvernement argentin pourrait contourner les fonds vautours en proposant à ses créanciers d’échanger sa dette libellée en devises étrangères en nouvelles obligations soumises au droit local, ce qui lui permettrait de déclencher le transfert des 539 millions de dollars d’intérêts sur sa dette restructurée. Le paiement transiterait en effet par la banque centrale.

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