Entretien avec… Catherine Vialonga, directeur des investissements et de l’ALM (asset and liability management) à l’Erafp*

« Nous n’opposons pas les deux écoles »

le 22/01/2015 L'AGEFI Hebdo

« Nous n’opposons pas les deux écoles »
Catherine Vialonga, directeur des investissements et de l’ALM (asset and liability management) à l’Erafp
(DR)

Que représente la gestion passive dans votre portefeuille ?

Nous avons opté pour cette approche dans notre allocation en actions à hauteur de 1,2 milliard d’euros d’une poche actions qui pèse 4 milliards. La gestion indicielle présente pour nous le grand avantage d’une exposition très rapide aux marchés. Compte tenu de notre philosophie ISR(1) et, pour certains gérants, de sa difficile mise en œuvre, nous fournissons aux gestionnaires sélectionnés par appels d’offres des indices propriétaires « pré-filtrés » de certains risques. C’est ainsi que nous avons mis en place en 2009, avec le concours d’Edhec Risk, le FTSE Edhec-Risk ERAFP SRI Index. Le poids des actions sous-jacentes n’est pas déterminé par leur capitalisation, mais par leur couple rendement/risque, selon une optimisation de leur ratio de Sharpe. Si la gestion indicielle offre de rentrer très rapidement sur une classe d’actifs, nous n’opposons pas les deux écoles. Gestion active et gestion passive réagissent différemment selon les cycles de marché. Les indices que nous avons retenus sont plus efficaces dans des phases de marché baissier.

Pourquoi limiter l’approche indicielle à l’univers des actions ?

Nous avons une approche buy and hold sur nos portefeuilles obligataires. Ce portage est soit réalisé en interne et en direct sur des émissions souveraines, soit effectué par l’intermédiaire de mandats obligataires. Dans ce cas, nous recherchons des gérants capables de sélectionner des titres présentant la qualité de crédit qui nous tient éloignés d’éventuels défauts. Par construction, nous ne souhaitons pas investir, sans discernement, dans les émetteurs qui composent l’indice obligataire.

Avez-vous recours aux ETF(2) ?

Notre cadre réglementaire ne nous permet pas d’être investis dans des véhicules « ouverts », dont font partie les ETF. Cependant, nous sommes en attente d’une évolution de ce cadre afin qu’il soit permis d’employer une partie de nos actifs pour le financement de l’économie réelle, tels le financement des PME-PMI, les infrastructures... mais également qu’il soit possible d’accroître la part des actifs à revenu variable et d’autoriser les placements dans des fonds dits « ouverts ».

*Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique.

(1) Investissement socialement responsable.

(2) Exchange-traded funds.

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