L'avis de... Emmanuel Rolland, chief operating officer en charge des dérivés au département Multi Asset Client Solutions d’Axa IM

« Une méthode de calcul ‘avancée’ pour réduire les besoins »

le 30/10/2014 L'AGEFI Hebdo

« Une méthode de calcul ‘avancée’ pour réduire les besoins »
Emmanuel Rolland, chief operating officer en charge des dérivés au département Multi Asset Client Solutions d’Axa IM
(DR)

Comment la réglementation Emir va-t-elle influer sur la gestion du « collateral » par les gérants ?

La réglementation qui vise principalement la réduction du risque de contrepartie augmentera mécaniquement les besoins en collateral, donc les risques potentiels liés à la liquidité dans un environnement « stressé », et la nécessité pour les gérants de pousser plus loin encore l’optimisation de la gestion du collateral. Les « initial margins » ne seront exigées qu’en fonction de la taille des portefeuilles de dérivés non compensés « en activité » à l’échelle d’une seule et même entité ou d’un fonds, quelle que soit la contrepartie, avec des seuils minimums d’entrée en vigueur progressifs : à partir de 3.000 milliards de dollars en montant notionnel en 2016 ; à partir de 8 milliards de dollars en 2019. Mais cela peut néanmoins concerner les grands institutionnels puisque les seuils devraient s’entendre en notionnel consolidé à leur niveau. Pour s’affranchir de ces marges initiales « standards », et être soumis à des niveaux de collateral plus acceptables, il faut développer une méthode de calcul « avancée » complexe et encadrée, basée par exemple sur des calculs de VaR (Value-at-Risk) appliqués à un portefeuille de dérivés, et nécessitant une reconnaissance mutuelle de résultats de ce calcul par les contreparties. Cet effort sera plus difficile à mettre en œuvre par les petits acteurs de la gestion d’actifs.

Qu’est-ce qui va changer dans les échanges avec les banques ?

Les impacts de la réglementation Emir doivent être appréhendés au regard des autres réglementations bancaires (et notamment de Bâle III). Si les charges en capital des banques sont plus importantes sur leurs transactions de dérivés non compensés, il est probable que les prix de ces transactions augmenteront, incitant l’industrie à chercher à compenser des typologies d’instruments non soumis encore à la compensation obligatoire.

A lire aussi