L'avis de... Azad Zangana, économiste Europe à Schroders

«Les marchés n'ont pas pris en compte le risque politique»

le 24/07/2014 L'AGEFI Hebdo

«Les marchés n'ont pas pris en compte le risque politique»
(DR)

Quels sont les risques majeurs d’une Ecosse indépendante ?

A l’heure actuelle, de nombreuses incertitudes demeurent concernant la répartition des recettes des ressources pétrolières et gazières de la mer du Nord. Si la répartition se fait sur une base géographique, l’Ecosse recevrait 90 % des revenus futurs de ces ressources, ce qui l’aiderait à dégager un excédent commercial avec le reste du monde de l’ordre de 4,8 % du PIB. L’Ecosse va aussi devoir gérer son déficit - qui varie de 8 % à 14 % du PIB en 2012-2013 en fonction des revenus de la mer du Nord – en particulier si les recettes pétrolières et gazières sont amenées à diminuer. Il faut s’attendre à une réduction drastique des dépenses et à une augmentation des recettes fiscales pour rééquilibrer les finances publiques. Or les facteurs démographiques de l’Ecosse poussent à un surcroît de dépenses de santé et de retraite. Sans resserrement budgétaire, la dette nette de l’Ecosse pourrait dépasser 100 % du PIB d’ici à 2033-34 et 200 % d’ici à 2057-58, selon des données de l’IFS (Institute of Fiscal Studies)

Que faut-il attendre d’une éventuelle politique monétaire indépendante ?

Le SNP (Scottish National Party) au pouvoir penche pour une union monétaire avec la livre sterling, qui ne recueille pas les faveurs de Londres. La possibilité de rejoindre l’euro devra automatiquement passer par une nouvelle candidature, qui a toutes les chances d’être rejetée par des pays comme l’Espagne, la Belgique ou même l’Italie aux prises avec des revendications régionalistes. Enfin, l’option d’une monnaie flottante est possible mais le risque d’un épuisement des réserves pourrait menacer l’équilibre du pays.

Comment les marchés financiers appréhendent-ils ce référendum ?

Dans la mesure où la victoire du « non » est beaucoup plus probable à l’heure actuelle, selon les sondages, les marchés financiers n’ont pas pris en compte le risque politique d’une séparation de l’Ecosse du reste du Royaume-Uni. Mais si ce risque venait à augmenter, les marchés financiers réagiraient négativement face à la livre, aux Gilts et aux actions britanniques, en particulier aux entreprises qui ont une exposition à l’Ecosse. 

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