Dossier Gestion institutionnelle

Un marché en demi-teinte pour les appels d’offres

le 22/05/2014 L'AGEFI Hebdo

Ils ont totalisé l'an passé 12,4 milliards d’euros. Un chiffre en hausse de 18 % mais qui reste modeste.

Les investisseurs institutionnels français ont lancé pour 12,4 milliards d’euros d’appels d’offres en sélection de gérants en 2013, soit 18 % de plus que l’année précédente d’après l’enquête annuelle du cabinet Bfinance. L’heure n’est pourtant pas à la fête. Les appels d’offres restent en dessous de la moyenne annuelle de 16,9 milliards d’euros relevée au cours des dix dernières années. Il s’agit plutôt d’un retour à la normale après un cru décevant en 2012 à 10,5 milliards d’euros. « Le marché a une nouvelle fois été soutenu par les renouvellements de mandats du FRR [Fonds de réserve pour les retraites, NDLR], aux côtés d’appels d’offres lancés par des grandes institutions de retraite et des compagnies d’assurance. L’Erafp [Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique] a peut-être été moins actif qu’à son habitude, mais a finalisé l’an dernier beaucoup d’appels d’offres initiés en 2012 », indique Emmanuel Lechere, directeur de la recherche chez Bfinance.

L’année 2013 a été caractérisée par le lancement d’appels d’offres d’un montant de plus de 500 millions d’euros. Un constat confirmé par Clotilde Daignes, directeur des ventes chez LBPAM : « De nombreuses mutuelles sont en phase de rationalisation de leur gestion dans le cadre de la directive Solvency II. Elles regroupent leurs actifs. Cela se traduit par l’augmentation du montant unitaire des appels d’offres ».

La gestion de taux domine

Au total, 56 investisseurs institutionnels français ont lancé 93 appels d’offres en 2013. « Nous en avons reçu 18 depuis le début de l’année 2014. Le rythme semble légèrement inférieur à celui de 2013, mais cela devrait s’accélérer en deuxième partie d’année avec des opérations importantes du FRR et de l’Erafp », analyse Christophe Point, directeur distribution France, Genève et Monaco de Natixis Global AM. Cette maison participe à la quasi-totalité des appels d’offres du marché, via les expertises des 25 sociétés de gestion qu’elle fédère, parmi lesquelles Natixis AM, Loomis, Mirova ou encore H20. « Nous avons remporté 1,7 milliard d’euros d’appels d’offres en 2013, notamment dans la gestion obligataire », précise Christophe Point.

La gestion de taux domine toujours et représente 49 % des montants remis en jeu en 2013. Les actions représentent quant à elles 29 % des appels d’offres contre 16 % en 2012. « L’internationalisation des portefeuilles institutionnels français s’observe à travers les nombreuses recherches en sélection de gérants actions hors zone euro parmi les appels d’offres actions lancés l’an dernier », complète Emmanuel Lechere. Un sentiment partagé par Natixis Global AM : « Nous avons reçu de nombreux appels d’offres en actions américaines. Les investisseurs institutionnels sont revenus sur les actions, avec des demandes de gestion active de conviction, et non pas de gestion indicielle », indique Christophe Point.

Autre tendance, les investisseurs institutionnels sont à la recherche de gérants en dette d’infrastructure, une classe d’actifs encore récente. « Le phénomène a démarré en 2013 mais s’amplifie cette année tant parmi les investisseurs institutionnels français qu’étrangers puisque nous avons aussi reçu des demandes d’Allemagne, de Grande-Bretagne et du Canada, indique Clotilde Daignes, qui a remporté récemment un appel d’offres d’une grande institution de retraite et de prévoyance. La dette d’infrastructure constitue une bonne réponse aux problématiques d’adossement actif-passif de ces investisseurs. » 

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