L’outil automatisé du Bipe démocratise l’analyse financière

le 23/07/2015 L'AGEFI Hebdo

Le spécialiste du conseil en stratégie crée la première plate-forme digitale d’évaluation financière des PME capable de traitements de masse.

La désintermédiation progresse mais souffre d’un déficit d’analyse des entreprises, en dehors de celle effectuée par les banques. Les portefeuilles sont certes concentrés entre quelques investisseurs. Toutefois, pour aller plus loin dans le financement des entreprises par le marché et atteindre, après les ETI, les PME, un mode d’analyse plus quantitatif est nécessaire.

Le Bipe, conseil en stratégie, a justement développé un outil répondant au problème de productivité des gérants. « L’outil d’analyse financière du Bipe nous paraît de qualité, permettant une évaluation efficace et pertinente des dossiers, y compris en grand nombre, indique Mathias Choussy, gérant chez Eiffel IG, un acteur présent à tous les niveaux de la désintermédiation et ayant testé le système du Bipe. Le risque de défaut est modélisé en étant moins tributaire de la taille de l’entreprise que dans les notations financières traditionnelles. Nous comptons utiliser l’outil en le complétant notamment avec nos analyses internes. »

Alors que sur 2 millions d’entreprises françaises, 1,4 million publient leurs comptes et que le Bipe dispose d’historiques de chiffres sur dix ans, le potentiel de la plate-forme semble grand. Elle bénéficie en outre de l’approche sectorielle et macroéconomique qui est l’une des forces du Bipe, depuis sa création en 1958 jusqu’à aujourd’hui où la société compte plus de 70 personnes, toutes issues des plus grandes écoles d’ingénieurs françaises. « Le Bipe illustre bien la culture macroéconomique à la française, intégrant la prospective, et nous sommes capables de modéliser des contextes complexes, expose Pascal Le Merrer, son président. Nous aidons les groupes à se situer sur leur marché, à prévoir leur potentiel et à identifier leurs risques afin de mieux définir leur stratégie globale. » Or l’expertise macrosectorielle est précisément adaptée pour évaluer les PME. « A la différence des grands groupes, les PME sont dépendantes d’un secteur. Avec une remise à jour quatre fois par an de ses bases de données, le Bipe dispose d’une connaissance unique à cet égard », souligne Gérard Soularue, président de la Commission Economie et Croissance à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France. Plutôt qu’une notation proprement dite, l’outil permet ainsi de mesurer les risques liés à l’entreprise, de voir où elle se situe par rapport à ses concurrents, d’un point de vue financier et sectoriel, dans son segment de taille et dans son territoire. L’utilisateur peut aussi accéder à des appréciations sur la liquidité, la solvabilité et la rentabilité de l’entreprise.

Le service semble également adapté en termes de prix : il utilise les nouvelles technologies pour recueillir des données d’origine le plus souvent publique puis automatiser les opérations d’analyse, s’aidant des modèles propriétaires du cabinet. Résultat, des prix abordables pour des émetteurs de type PME. « Recourir, pour les PME, à l’analyse financière classique entraînerait des coûts disproportionnés, hors de la portée des émetteurs de taille réduite », précise Gérard Soularue. Le coût d’une notation peut atteindre entre 25.000 et 40.000 euros, celle prévue par le Bipe représenterait plutôt quelques centaines d’euros, le système étant utilisable par abonnement ou par dossier unitaire.

Sélectionner des cibles

Au-delà de l’évaluation, le Bipe peut fournir aux investisseurs un moyen de repérer et sélectionner leurs cibles : le modèle passe en revue des dizaines de milliers d’entreprises, en fonction de leur taille et de leur secteur d’appartenance, et son périmètre géographique va s’élargissant. A l’Europe désormais et au monde à partir de l’exercice 2016. Alors qu’en France, la loi Macron élargit l’accès aux informations sur les entreprises, le cabinet négocie son accès à des bases de données équivalentes à l’étranger, l’enjeu étant la comparabilité des comptes d’un pays à l’autre. C’est ainsi que la plate-forme intéresse des acteurs du financement participatif souhaitant fournir à leurs clients investisseurs une évaluation rapide des risques. De même, les entreprises en recherche de partenaires, les fédérations professionnelles sont partantes pour y recourir.

Autre développement possible, si pour l’instant la note donnée par le Bipe n’est pas une notation au sens de l’Esma (Autorité européenne des marchés financiers), le cabinet envisage de proposer une véritable notation, en ajoutant des appréciations qualitatives. La décision à cet égard est prévue pour la fin de l’année. « Un outil d’analyse des risques tel que celui mis au point par le Bipe pour les PME est susceptible, du fait de sa qualité et de son originalité, de donner une longueur d’avance à la place de Paris pour développer les placements privés », se réjouit Gérard Soularue.

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