Exclusif : le baromètre mensuel de Cushman & Wakefield

Immobilier commercial : une pénurie d’offres de qualité

le 11/12/2014 L'AGEFI Hebdo

Immobilier commercial : une pénurie d’offres de qualité

Chaque mois, Cushman & Wakefield livre en exclusivité à L’Agefi Hebdo les tendances du marché de l’investissement immobilier. Sur novembre, le conseil recense 2,5 milliards d’euros investis, soit plus du double des volumes enregistrés en octobre (1,2 milliard d’euros). Sur les onze premiers mois de l’année, les investissements réalisés en France ont atteint 20,1 milliards d’euros représentant une hausse de plus de 60 % sur un an glissant. Ils sont même supérieurs de 32 % à l’ensemble de l’année dernière ! « Mais derrière ces chiffres réjouissants se cache une autre vérité, prévient Thierry Juteau, directeur général et directeur du département Capital Markets de Cushman & Wakefield. Le rôle des grandes transactions vient considérablement amplifier ces progressions. » En effet, sur ce même mois, 18 opérations dont le montant dépasse les 200 millions d’euros ont été actées, contre 8 un an plus tôt. Pour exemple, sur le seul mois de novembre, un portefeuille de quatre actifs situés à Montrouge était cédé pour 301 millions d’euros par Eurosic à Aew Europe, tandis que CNP achetait pour 235 millions d’euros l’immeuble de bureau A9B (photo). Ces opérations d’envergure masquent une baisse de 6 % du nombre total de transactions toutes tailles confondues. « Les investisseurs sont confrontés à une problématique de réemploi de leurs liquidités », souligne Thierry Juteau. Si l’immobilier s’érige comme une véritable opportunité de rémunérer ses liquidités avec un spread historique sur l’OAT 10 ans, dans les faits, ces grands investisseurs se confrontent à une offre de qualité qui se réduit comme peau de chagrin. Résultat, sauf à y être obligés, comme certains assureurs pour assurer le service des taux de rendement de leurs contrats en euros, ou encore quelques fonds allemands, les propriétaires préfèrent garder leurs immeubles en patrimoine. Tout est fait pour éviter la situation supportée par certains acteurs qui, ayant vendu des actifs, se retrouvent avec d’abondants capitaux à investir et des lignes de crédit non utilisées. Une situation crispée qui pourrait se prolonger, selon le directeur général de Cushman & Wakefield. « Je n’entrevois pas de changement majeur pour 2015, lance-t-il. Tant que les taux seront à des niveaux aussi bas, arrimés à un OAT 10 ans passé sous la barre de 1 %, les candidats à la vente reporteront leurs décisions. »

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