L'avis de... Dhiren Shah, coresponsable de la gestion actions émergentes, gérant et directeur de la recherche chez BlackRock

« Les entreprises versant un coupon élevé surperforment le marché de 4 % par an »

le 22/01/2015 L'AGEFI Hebdo

« Les entreprises versant un coupon élevé surperforment le marché de 4 % par an »
Dhiren Shah, coresponsable de la gestion actions émergentes, gérant et directeur de la recherche chez BlackRock
(DR)

Comment sont valorisés les marchés émergents ?

A 11 fois les bénéfices anticipés pour 2015, les actions émergentes sont encore faiblement valorisées, que ce soit d’un point de vue historique (13 fois en moyenne) ou par rapport aux marchés développés (15 fois actuellement). Cette valorisation est une des raisons principales de notre opinion positive sur ce marché. A cela s’ajoutent les processus de réformes engagés par certains pays pour rééquilibrer leurs modèles de croissance. Enfin, nous pensons que la normalisation de la politique monétaire américaine aura moins d’impact que le tapering. Néanmoins, certains pays comme le Mexique ou l’Inde affichent des valorisations plus élevées (18 et 16 fois). Mais leur processus de réforme est désormais bien engagé. A l’inverse, la Russie affiche des niveaux distressed (4 fois) en raison de la situation géopolitique, du manque de réforme et de la chute du baril.

Vous prônez une approche des actions émergentes par les dividendes. Pourquoi ?

Notre objectif est de miser exclusivement sur des entreprises de qualité. C’est important sur ces marchés car cela apporte un niveau de sécurité supérieur. Ces sociétés génèrent de gros cash-flows, affichent un bilan sain et leurs intérêts sont alignés sur ceux des actionnaires minoritaires. Cela se traduit le plus souvent par le versement d’un haut dividende. Les entreprises versant un coupon élevé surperforment le marché de 4 % par an. De plus ces actions sont moins volatiles. Cela se traduit par des rendements ajustés du risque supérieurs à la moyenne.

Y a-t-il des pays ou des secteurs plus généreux en dividendes ?

D’un point de vue global, la grande majorité des entreprises des pays émergents versent désormais des coupons (90 %). Bien sûr, les pays où ils sont les plus importants sont ceux où il y a une culture actions forte qui se traduit dans la gouvernance des entreprises, le niveau des taxes ou l’intérêt des minoritaires. C’est le cas de l’Afrique du Sud, de la Thaïlande, du Brésil ou de Taïwan. A l’inverse, la Corée du Sud a le niveau de pay out le plus bas (8 %). Du côté des secteurs, on trouve bien sûr les télécoms, la technologie ou la consommation. Mais pas la santé. Les banques commerciales bénéficiant d’un environnement concurrentiel favorable et de marges élevées paient également des coupons élevés. De même que les actifs d’infrastructures. Mais dans ce dernier cas, il faut être très vigilant quant au cadre réglementaire, et notamment à l’augmentation des tarifs et des taxes.

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