L’HOMME CLE, Xavier Lépine, président du directoire du groupe La Française

« La croissance est au rendez-vous à l’international »

le 25/06/2015 L'AGEFI Hebdo

« La croissance est au rendez-vous à l’international »
Xavier Lépine, président du directoire du groupe La Française

Albums des Beatles sur fond de murs blancs, livres et photographies modernes représentant différentes guitares électriques… Le bureau contemporain de Xavier Lépine, président du directoire du groupe La Française, illustre l’une de ses passions. « J’aurais aimé faire carrière dans la musique », s’amuse le dirigeant, qui a créé avec des collaborateurs un groupe baptisé « Les Frenchies », une salle insonorisée permettant de répéter dans les locaux de la société de gestion.

C’est finalement dans la finance que s’est illustré ce père de quatre enfants, aujourd’hui à la tête d’une entreprise gérant plus de 50 milliards d’euros d’encours et visant 72 milliards à horizon 2020 (L’Agefi Quotidien du 15 juin 2015). « Il s’agit d’un objectif raisonnable. La France, que nous percevions comme un marché en repli ces dernières années, devrait aujourd’hui nous être favorable. Face à des taux d’intérêt extrêmement bas, dans l’épargne intermédiée par les institutionnels, ces derniers n’auront pas d’autre choix que d’aller chercher du rendement et se tourner vers les unités de compte, où nous avons un net potentiel de progression. Parallèlement, les caisses de retraite expriment le besoin de disposer de produits avec ‘cash-flows’ visibles et récurrents à l’image de l’immobilier, qui constitue l’une de nos expertises fortes », estime Xavier Lépine. Au côté de l’immobilier (quelque 12 milliards d’euros d’encours), La Française s’articule autour de trois autres piliers : les valeurs mobilières (33 milliards d’euros), les solutions d’investissement, pôle créé il y a deux ans et demi et comptant déjà 3 milliards d’euros d’encours et 30 collaborateurs, et le financement direct (2 milliards d’euros).

La Française, détenue à 86 % par Crédit Mutuel Nord Europe (CMNE), mise également sur son ouverture à l’international. Avec des bureaux en Espagne, Italie, Suisse, Royaume-Uni et une plate-forme de distribution au Benelux, la société a noué de nombreux partenariats, à l’image de celui annoncé en février avec Alger Management, gérant spécialisé dans les actions américaines dans lequel le groupe français a pris 49,9 %, avec Tages Capital, spécialiste londonien de la multigestion alternative, en 2014, mais aussi avec le gérant immobilier britannique Forum Partners ou encore avec IPCM sur l’expertise actions en 2013. « Notre démarche hors des frontières de l’Hexagone fonctionne, la croissance est au rendez-vous », juge le dirigeant. Alors que 10 % des encours sont aujourd’hui issus des activités internationales, cette part a vocation à doubler d’ici 2020.

Développements à la marge

D’autres partenariats devraient-ils prochainement voir le jour ? « Il peut y avoir des développements à la marge, mais cela correspondra plutôt à des compléments d’expertise. Tout dépendra également des opportunités qui se présentent. Globalement, nous disposons de la palette de produits et de l’assise internationale qui nous semble aujourd’hui adéquate pour répondre aux besoins de nos clients. L’objectif est désormais de consolider nos acquis et de poursuivre et sécuriser l’ensemble du chemin parcouru », confie Xavier Lépine. Car La Française est le fruit de l’alliance en 2009 de deux sociétés, LFP, créée par Alain Wicker et principalement axée sur les institutionnels, et UFG, orientée vers les particuliers et dirigée par Xavier Lépine. « A l’époque, les encours cumulés des deux sociétés avoisinaient les 20 milliards d’euros », se souvient le dirigeant, à l’origine de ce rapprochement. « Je suis allé voir Alain, que j’ai connu en 1995 lors de mon passage chez Fimagest. L’idée de la fusion a fait son chemin… en deux jours », sourit-il. Car Xavier Lépine a multiplié les casquettes tout au long de son parcours professionnel.

Après dix ans passés au sein de la Banque de l’Union européenne dans le domaine des financements de projets à l’international, il crée FP Consult en 1990. Cette société, spécialisée dans le rachat de dettes d’Etat dans les pays en voie de développement, devient filiale de Fimagest, qui passe en 1997 dans le giron de Fortis Investment Management, dont Xavier Lépine devient président du directoire pour la France. Le dirigeant prend en 1999 la direction de Multifonds, société de gestion traditionnelle détenue conjointement par Fortis et CMNE, qui deviendra UFG IM, puis crée le gérant alternatif Alteram, avec l’aide de la banque mutualiste. En 2006, « nous avons alors décidé de regrouper l’ensemble des activités du CMNE sous la bannière UFG, en vue de disposer d’une assise plus solide et diversifiée », se rappelle Xavier Lépine, qui devient alors président de l’entité. Mission accomplie et renforcée grâce à la fusion avec LFP trois ans après.

Fort de 500 collaborateurs aujourd’hui, les effectifs se stabilisent. « Nous serons peut-être 600 d’ici cinq ans, mais notre structure n’a pas vocation à atteindre 2.000 collaborateurs », déclare Xavier Lépine. « Trois modèles existent dans la gestion d’actifs : le darwiniste où le gérant est remplacé par un robot, dégageant beaucoup de volumes ; l’entreprise éponyme, reposant sur quelques gérants à forte personnalité et quelques classes d’actifs, à forte marge. Et le nôtre, qui s’appuie sur de très bons professionnels, des commerciaux performants, de très bons gérants, mais pas de stars, et propose une large palette d’activité. Celui-ci n’a pas vocation à changer », décrit le patron de La Française, dont les bureaux du boulevard Haussmann vont être transférés fin 2015 dans le 6e arrondissement, boulevard Raspail. Des locaux qui disposeront bien entendu d’une salle de musique…

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Notre démarche hors des frontières de l’Hexagone fonctionne, la croissance est au rendez-vous

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