Rencontre avec... Neena Gill, eurodéputée social-démocrate britannique, rapporteure pour les fonds monétaires

« Un coussin proportionnel aux risques pour les fonds monétaires »

le 11/12/2014 L'AGEFI Hebdo

« Un coussin proportionnel aux risques pour les fonds monétaires »
Neena Gill, eurodéputée social-démocrate britannique, rapporteure pour les fonds monétaires
(DR)

Dans quel état d’esprit abordez-vous la négociation sur les fonds monétaires ?

Le précédent Parlement n’a pas pu trouver un accord. Or sans réglementation des fonds monétaires, le risque systémique logé dans le système financier persistera. Ma priorité est de faire aboutir la négociation de façon à protéger les contribuables. Pour limiter les risques de « run » sur les fonds, plutôt que de retenir un simple coussin en capital de 3 % sur les fonds à valeur constante, comme le suggérait la Commission, je propose une série de mesures, à commencer par un coussin proportionnel aux risques. Il ne sert à rien de « micro-manager », mieux vaut laisser à l’Autorité européenne des marchés financiers, qui connaît bien l’industrie, le soin de paramétrer ces risques. Je souhaite aussi augmenter les exigences en liquidité de 10 % à 15 % des actifs sous gestion à un jour et de 20 % à 30 % à une semaine. Plus un fonds dispose de liquidités, plus il sera à même de faire face à un retrait soudain.

Pourquoi proposer d’interdire le sponsoring des fonds par les banques ? N’est-ce pas un facteur de risque ?

Ce n’est pas une interdiction totale.

Le sponsoring peut couvrir le capital. Mais au-delà, il y a un risque de contagion des fonds, vers les banques en cas de crise. Il faut rappeler qu’entre 2007 et 2011, les banques ont engagé 12,6 milliards pour soutenir les fonds monétaires. Les investisseurs ont eu tendance, pour différentes raisons, à considérer les fonds monétaires comme un quasi-compte courant. En réalité, il y a des risques.

Il faut changer leur perception.

Les fonds à valeur constante (FVC) sont-ils appelés à disparaître ?

A terme, il faut laisser deux options aux gestionnaires de ces fonds monétaires : la conversion en fonds à valeur variable ou en FVC dédié à la dette publique européenne. Les gestionnaires de fonds disent qu’ils peuvent vivre avec une proportion de 51 %, je propose 80 %. C’est un bon moyen de soutenir le secteur gouvernemental tout en renforçant la sécurité. De toute façon, la conversion de 500 milliards d’euros de FVC ne se fera pas en un jour. Je propose de nous donner jusqu’à 2020.

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