L'avis de... Cyrille de Montgolfier, président de CM Consulting

« La compréhension de la titrisation a beaucoup progressé depuis un an »

le 25/06/2015 L'AGEFI Hebdo

« La compréhension de la titrisation a beaucoup progressé depuis un an »
Cyrille de Montgolfier, président de CM Consulting
(DR)

Où en est le redémarrage de la titrisation ?

Cette technique représente l’un des moyens de favoriser le financement des entreprises. Il est vrai aussi que la titrisation subit encore le poids d’un lourd passif accumulé avec la crise. Il faudra redémarrer les opérations progressivement, sur des montants limités, avec des actifs de très bonne qualité qui pourraient trouver des financements sous une autre forme. Mais le nouveau départ sera fondamental pour en finir avec l’image négative de la titrisation. Nous verrons les textes de la Commission à l’automne mais la compréhension de ce sujet a beaucoup progressé depuis un an.

Comment se présentent les derniers réglages de Solvabilité 2 ?

Après l’accord de niveau 1 obtenu en novembre 2013, les actes délégués sortent progressivement en 2015 pour que la mise en œuvre se fasse comme prévu le 1er janvier 2016. Plusieurs questions importantes demeurent néanmoins encore ouvertes et nous verrons le rôle exact que l’assurance peut jouer pour financer l’économie. Le financement des PME constitue un sujet de premier plan et qui est aussi au cœur du Plan Juncker. Il s’agit d’une question ancienne et délicate pour les assureurs et les régulateurs. Il faut une voix politique forte sur ce sujet, c’est notamment le rôle de la Commission, du Conseil et du Parlement européens. En pratique, des textes sur les calibrages des fonds propres exigés pour le financement d’infrastructures, de prêts aux entreprises ou de la titrisation vont sortir progressivement jusqu’à la fin de l’année, laissant peu de temps aux acteurs pour se préparer. Lord Hill, le commissaire européen en charge de ce dossier, est parfaitement conscient des enjeux liés à ce sujet et semble ouvert à une modification des textes qui apparaîtraient inadaptés. C’est très prometteur car, in fine, le véritable risque est que l’assurance devienne procyclique et donc amplifie les crises, alors que, par essence, l’assurance joue le rôle de stabilisateur de l’économie, en étant contra-cyclique.

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