L'avis de... Imran Razvi, conseiller spécialisé en politique publique à l’IMA (The Investment Association)

"Associer investissement et annuités"

le 05/02/2015 L'AGEFI Hebdo

(DR)

Quelles conséquences la réforme des retraites outre-Manche va-t-elle avoir sur les solutions d’investissement ? 

Bien que certaines formes d’annuités puissent être attractives pour certaines personnes à une période de leur vie, les approches d’investissement peuvent offrir une flexibilité accrue et procurer des revenus plus élevés que les annuités.  Nous pensons qu’à terme, les meilleures stratégies en matière de revenus de retraites impliqueront à la fois un investissement et une centralisation des risques : autrement dit, l’utilisation de produits d’investissement susceptibles d’apporter flexibilité et potentiel de croissance, et en outre, le recours à des annuités pour fournir une assurance longévité. Le bénéfice de la réforme est précisément de permettre aux individus de ne plus avoir à faire un choix binaire entre ces classes de produits. 

Que pensez-vous du débat actuel au sujet de la forme que prendra le conseil imposé par le gouvernement dans le cadre de la réforme ? 

C’est un bon point de départ mais des améliorations restent possibles. Ce « conseil » n’est pas un rendez-vous unique dans la mesure où pour beaucoup, accéder aux revenus de retraites ne reviendra pas à acheter un seul produit mais bien plutôt à être accompagné lors de la transition à la retraite. Le choix d’un produit a également des implications sur les investissements réalisés durant les dernières années en tant que salarié, ce qui suppose d’entrer en relation avec les membres des fonds de pensions en amont de la retraite afin de les aider à réfléchir sur les options possibles. Il y a aussi une question importante mais sans réponse sur le rôle que joueront les fonds de pension  dans l’accompagnement des individus : nous sommes largement dépendants de stratégies d’investissement par défaut durant la phase d’accumulation du capital. Or à l’heure actuelle, la forme que prendront ces stratégies lors de la phase de « désépargne » n’est pas claire.

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