Dossier Gestion institutionnelle

Le volume des appels d'offres devrait rebondir cette année

le 30/05/2013 L'AGEFI Hebdo

2012 a constitué un point bas pour les investisseurs institutionnels français. L'activité semble redémarrer depuis quelques mois.

Les investisseurs institutionnels français ont lancé pour 10,5 milliards d'euros d'appels d'offres en 2012, d'après le cabinet bfinance, soit une baisse de 22 % par rapport à 2011. Une année en demi-teinte donc, puisqu'il faut remonter à 2003 pour constater un volume inférieur (voir le graphique). Le nombre d'investisseurs institutionnels ayant lancé un appel d'offres s'est en revanche stabilisé à 78 contre 77 en 2011. « La faiblesse relative du volume d'appels d'offres en 2012 s'explique par l'absence d'opérations de grande envergure de la part d'un investisseur institutionnel de référence, à l'instar de celles menées par le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) ces dernières années », explique Hugues Chevillard, chargé d'études chez bfinance et auteur d'une enquête sur les appels d'offres en France. Le FRR n'a lancé qu'une opération l'an dernier, portant sur 1,05 milliard d'euros, contre 4 milliards en 2011 et 18 milliards en 2010.

Autre tendance de l'année 2012, le marché n'est plus seulement animé par des investisseurs institutionnels classiques comme les caisses de retraite ou les assureurs, mais également par des entreprises cherchant à confier des mandats obligataires à des sociétés de gestion. « On compte deux 'corporates' parmi les cinq plus gros appels d'offres de 2012, alors qu'ils étaient moins présents en 2011 », constate Hugues Chevillard.

Enfin, il faut noter la montée en puissance des appels d'offres en épargne salariale : leur part est passée de 3 % des volumes en 2011 à 12 % en 2012. « Sur les vingt opérations comptabilisées, quinze sont des remises en jeu de plan existants et cinq des créations, précise l'analyste de bfinance. Les encours ont été multipliés par trois à 1,3 milliard d'euros. Ce phénomène devrait s'inscrire dans une tendance de long terme. »

Classes d'actifs risquées

Au-delà de l'épargne salariale, le solde des appels d'offres est très diversifié en termes de classe d'actifs, avec comme fil conducteur la recherche de rendement dans un environnement de taux d'intérêt au plancher. « Nous constatons depuis quelques mois que les appels d'offres portent de plus en plus sur des classes d'actifs risquées en actions ou en obligations, et pas seulement sur la gestion diversifiée et la trésorerie, indique Guillaume Abel, directeur marketing et développement chez Amundi. Autre tendance, au sein de la classe d'actifs obligataire, les investisseurs institutionnels affinent leur exposition vers l'international. Ils recherchent aujourd'hui des gérants en obligations émergentes, sur des émetteurs souverains ou 'corporate', en devises locales ou non. » Cette recherche de rendement n'est pas spécifique aux investisseurs institutionnels français : Amundi estime en effet qu'il s'agit d'une tendance mondiale.

Les cinq premiers mois de 2013 semblent confirmer un regain d'activité sur le marché des appels d'offres. « Les grandes institutions continuent de réviser leur allocation d'actifs pour tenir compte d'un environnement durable de taux faible, observe Hugues Chevillard. Ainsi, nous avons déjà comptabilisé plusieurs appels d'offres de taille importante, de plusieurs centaines de millions d'euros, voire supérieure au milliard, depuis janvier. Le volume global devrait donc renouer cette année avec son rythme de croisière habituel. » 

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