La vérité n'est pas dans les chiffres

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Les statistiques aussi peuvent recourir à la chirurgie esthétique, surtout aux Etats-Unis, nous raconte l’hebdomadaire The Economist. On sait déjà que les calculs de la productivité outre-Atlantique sont surgonflés par rapport aux critères en vigueur chez Eurostat et que le poids de la dette publique (en fait fédérale) est sous-estimé par rapport aux ratios maastrichtiens qui contiennent les dettes sociales et celles des collectivités locales. Plus fort encore, les économistes de Goldman Sachs ont repéré que le PIB trimestriel américain, entre la première estimation et le dernier calcul que plus personne ne regarde quand il est publié, est revu en moyenne en baisse de 0,5 point en rythme annualisé. A l’opposé, la zone euro révise en hausse en moyenne de 0,3 point. Et si les Etats-Unis compilaient leurs comptes nationaux sur le même modèle que les Européens, le taux de croissance serait réduit de 0,25 à 0,50 point de pourcentage (pp), etc. La litanie s’allonge : les dépenses d’armement sont comptabilisées outre-Atlantique comme du capital et sur le Vieux Continent comme des dépenses courantes. Reste que 25 pp par ci, 25 pp par là, les comparaisons ont, au bout du compte, perdu beaucoup de sens.

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