Dossier ETF

Vanguard élargit son terrain de jeu au marché européen

le 26/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Le gérant américain y a collecté plus d’un milliard de dollars sur les sept premiers mois de l’année.

Vanguard voit plus grand dans le domaine des ETF (exchange-traded funds). Présent en Europe depuis 1998, le gérant américain y a lancé ses premiers fonds indiciels cotés mi-2012 et a enregistré en moins de deux ans une croissance impressionnante. De 300 millions de dollars (225 millions d’euros) fin 2012, ses encours ont bondi à 2 milliards de dollars mi-septembre 2013. « La collecte nette enregistrée par Vanguard dans les ETF en Europe a atteint 1,1 milliard de dollars sur les sept premiers mois de l’année », annonce Guy Parent, responsable du développement en France de la société de gestion.

Réplication physique

L’arrivée tardive sur un marché où de nombreux acteurs se sont déjà fait une place n’effraie pas le gérant américain. « Nous souhaitons devenir l’un des grands acteurs européens de la réplication physique (par opposition à la réplication synthétique, NDLR). Nous avons été parmi les derniers à lancer des ETF aux Etats-Unis (en 2001, NDLR) et nous nous positionnons depuis 2007 dans le trio de tête à l’échelle mondiale », souligne Guy Parent. Vanguard gérait à fin juillet 2.400 milliards de dollars d’actifs (concentrés à hauteur de 90 % aux Etats-Unis), dont 290 milliards de dollars dans les ETF. En Europe, les encours, composés essentiellement de fonds indiciels (non ETF), s’élevaient à 60 milliards de dollars, dont 6 milliards pour la France.

« De nouveaux acteurs peuvent trouver leur place au sein d’un marché européen des ETF largement dominé par iShares. Ils doivent toutefois présenter un modèle spécifique, à l’image de celui de Vanguard, estime Jose Garcia-Zarate, analyste au sein de la recherche fonds passifs chez Morningstar. De par sa nature mutualiste, le gérant américain propose une offre composée de produits simples que la plupart des investisseurs souhaitent détenir en portefeuille, moins onéreuse à l’échelle mondiale que ses concurrents. Vanguard pourrait, comme il l’a fait aux Etats-Unis, jouer un rôle dans les coûts facturés aux clients au sein du secteur. » Le TER moyen (total expense ratio, indicateur mesurant l’ensemble des coûts de gestion) d’un ETF actions domestiques s’élève par exemple à environ 15 points de base (pb) aux Etats-Unis, contre 25 pb en Europe, selon Morningstar. Celui d’un ETF obligations souveraines domestiques avoisine également les 15 pb outre-Atlantique, contre quelque 20 pb sur le Vieux Continent.

Extension de l’offre et effectifs en hausse

La route pour atteindre le haut du classement pourrait toutefois se révéler plus longue qu’aux Etats-Unis. « Le marché américain est unifié, nécessitant une stratégie unique de développement, contrairement à l’Europe où, en raison des différentes contraintes réglementaires, une approche propre à chaque pays est obligatoire, explique Jose Garcia-Zarate. Vanguard procède étape par étape et se focalise à l’heure actuelle sur le Royaume-Uni. » Vanguard, qui a ouvert un centre de gestion à Londres en 2009, y concentre l’essentiel de ses effectifs européens. Le groupe emploie 150 personnes, dont une trentaine de gérants, dans la capitale britannique, auxquelles s’ajoutent une dizaine de collaborateurs répartis sur le continent. « Nos effectifs européens devraient atteindre 200 collaborateurs d’ici à fin 2013 début 2014 », prédit Guy Parent. Les recrutements concerneront la Grande-Bretagne, où le groupe cible la clientèle des investisseurs institutionnels et des particuliers. En Europe continentale, où il se concentre sur les institutionnels, le gérant dispose depuis 2004 d’un bureau à Amsterdam, d’où sont couverts les pays nordiques, et s’est implanté à Paris et Zurich respectivement en 2005 et 2008. « De nouvelles ouvertures de bureaux ne sont pas prévues pour le moment, mais pourraient intervenir à plus long terme », déclare Guy Parent.

La croissance européenne de Vanguard s’accompagne logiquement d’un développement de son offre. « Les cinq premiers ETF ont été lancés en mai 2012, rappelle Guy Parent. Quatre autres l’ont été un an plus tard. L’un d’entre eux, un produit axé sur le S&P 500, croît très vite. Il a dépassé le milliard de dollars et représente environ la moitié des encours en ETF. Nous allons poursuivre l’extension de la gamme et devrions à terme disposer de vingt à trente produits, axés sur les taux et les actions. L’objectif sera de compléter l’offre en termes de couverture géographique, en restant concentrés sur des blocs cœurs d'allocation d'actifs. »

Les ambitions du groupe à l’international ne se limitent pas à l’Europe. « Vanguard développe une stratégie similaire, de long terme, en Asie-Pacifique », indique Jose Garcia-Zarate. Après avoir lancé ses premiers ETF en Australie en 2009, les encours atteignaient fin juin 2013 près d’un milliard de dollars. Vanguard a par ailleurs lancé en mai dernier son premier ETF à Hong Kong, dont le bureau constitue la plate-forme asiatique du groupe.

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