Entretien avec... Yann de Saint-Meleuc, directeur associé du pôle Finance d’Euroland Consulting

« Ucits IV ne règle pas les difficultés opérationnelles »

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la tendance pour la production des KIID (« key investor information documents ») : la réalisation en interne par les sociétés de gestion ou la délégation à un prestataire externe ?

Plusieurs types d’organisations sont à l’œuvre, du tout interne ou tout externe en passant par une voie intermédiaire faisant appel à un prestataire uniquement pour la mise en forme et la diffusion des KIID. Il s’agit d’ailleurs d’un choix tactique pour chaque société de gestion, quelle que soit la taille des actifs gérés et le nombre de KIID à produire. L’orientation commerciale détermine en revanche le rythme de passage au KIID : les structures très tournées vers l’international ont en général produit leurs documents plus rapidement que les sociétés purement domestiques.

Quels types de sociétés de gestion bénéficient le plus des nouveautés introduites par la directive Ucits IV ?

Ucits IV facilite la commercialisation des fonds à travers l’Europe. De ce point de vue, cette directive est un non-événement pour les sociétés de gestion franco-françaises, produisant et vendant leurs fonds en France. En revanche, la directive constitue un progrès pour les structures très internationales, quelle que soit leur taille, mais ce n’est pas une révolution. Les procédures sont simplement plus rapides et donc moins coûteuses. Les vrais bénéficiaires sont les petites et moyennes sociétés de gestion qui commencent tout juste à diversifier leur démarche commerciale hors de leurs frontières. Ucits IV est une réelle occasion d’accélérer leur développement en faisant baisser le ticket d’entrée à l’international.

La directive Ucits IV supprime-t-elle les frontières en Europe ?

Absolument pas. La commercialisation des produits est plus aisée avec la simplification de l’enregistrement transfrontalier, le passeport des sociétés de gestion ou encore les maîtres nourriciers transfrontaliers. Mais cela ne règle en rien les difficultés opérationnelles, c’est-à-dire le fund processing (circuit des souscriptions), qui reste encore complexe dès que l’on travaille dans plusieurs pays. Il reste beaucoup à faire pour améliorer la chaîne administrative entre les différents acteurs basés dans différents pays, surtout si la société de gestion veut pouvoir identifier ses souscripteurs étrangers.

A lire aussi