Centenaire de L'Agefi - Volet 5

Ubu et Ferdinand Lop...

le 24/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Episode étrange autant que comique, le 20 juin 1940 paraissait dans la capitale un quotidien sous le titre inédit Les dernières nouvelles de Paris. Ce journal était confectionné et imprimé dans les locaux de L’Agence économique et financière, rue de Richelieu. Avec l’accord des Allemands ? Improbable, l’appareil de propagande du Reich à Paris n’étant pas encore en place.

Qui avait pris cette initiative ? Il semble bien que, profitant du vide consécutif à l’entrée de la Wehrmacht dans Paris, deux employés de L’Agence économique et financière demeurés dans les locaux aient décidé de s’amuser un peu. L’un des deux, un linotypiste du nom de Louis Burelle s’était autoproclamé directeur tandis que son comparse, un correcteur du nom de Delalande s’était attribué le titre de rédacteur en chef. Leur entreprise ressemblait fort à un canular. Burelle accréditait cette thèse en affirmant placer son journal sous le double parrainage de Ferdinand Lop (une figure pittoresque et loufoque qui fit pendant quarante ans les beaux jours du Paris estudiantin) et du roi Ubu. Dès les premiers numéros, le ton était donné, Les dernières nouvelles de Paris promettaient « à chacun le rutabaga au pot et un foyer dans chaque cheminée » et suggérait d’habiller les percepteurs « en uniforme d’amiral avec chandelle brune et grand cordon européen »...

Au bout de quelques jours - y avait-il eu reprise en main et par qui ? -, Les dernières nouvelles de Paris changeaient de format et publiaient des communiqués allemands et italiens. Le journal cessa de paraître après le 16 septembre 1940.

Après la Libération, Robert Bollack récusera tout lien entre l’Agence et cette publication fantaisiste.

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